Pendant des décennies, l’économie du climat s’est construite autour d’un paradoxe rarement questionné : alors que les océans couvrent environ 70 % de la surface de la planète, leur dégradation est longtemps restée marginale dans l’évaluation économique des dommages climatiques. Une étude scientifique publiée jeudi par des chercheurs de la Scripps Institution of Oceanography, à l’Université de Californie à San Diego, vient bouleverser cet angle mort. Selon ces travaux, le coût global des émissions de gaz à effet de serre serait presque deux fois supérieur aux estimations précédentes.
Cette révision repose sur une avancée méthodologique inédite : l’intégration explicite des dommages causés aux océans dans le calcul du « coût social du carbone », un indicateur clé utilisé pour estimer les pertes économiques associées à chaque tonne de dioxyde de carbone rejetée dans l’atmosphère. Jusqu’ici, ces calculs se concentraient principalement sur les impacts terrestres — agriculture, santé humaine, infrastructures — en laissant largement de côté les systèmes marins.
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