Le dimanche 22 février 2026, en milieu d’après-midi, la rivière Taliha est sortie brutalement de son lit après de fortes pluies tombées sur le massif du Ruwenzori. La crue a provoqué la mort d’une agente de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et causé d’importants dégâts dans le secteur nord du Parc National des Virunga, à Mutshora, dans la province du Nord-Kivu. L’information, largement relayée sur plusieurs plateformes médiatiques, a été confirmée par un communiqué officiel de l’ICCN.
Selon les éléments recueillis, des pluies intenses se sont abattues sur le massif du massif du Ruwenzori aux environs de 16 heures. En quelques instants, le débit de la rivière Taliha a augmenté de manière fulgurante, transformant ce cours d’eau habituellement calme en un torrent destructeur. Les eaux ont envahi les installations administratives du secteur nord du parc, emportant équipements, documents et infrastructures essentielles aux activités de conservation.
Au cœur de ce chaos, Mademoiselle Natembo Kizungu Noëlla, agente de l’ICCN, a perdu la vie. Les circonstances exactes de son décès restent peu détaillées publiquement, mais les autorités du parc confirment qu’il est directement lié à la crue. Plusieurs médias congolais, s’appuyant sur les informations officielles, corroborent ces faits.

Le drame s’inscrit dans un contexte environnemental bien connu des spécialistes. Le massif du Ruwenzori, zone de haute altitude à la pluviométrie élevée, est particulièrement exposé aux épisodes de pluies concentrées durant la saison humide. Dans ces conditions, l’eau s’accumule rapidement dans les vallées étroites et les petits bassins versants, comme celui de la Taliha, provoquant des crues soudaines et difficiles à anticiper.
Des acteurs locaux et communautaires évoquent toutefois d’autres facteurs aggravants. Nottament la déforestation progressive en amont, la dégradation des sols et certaines activités humaines réduiraient la capacité naturelle des terrains à absorber l’eau, accélérant le ruissellement et augmentant la violence des crues. Si ces éléments nécessitent encore des vérifications scientifiques approfondies, ils reviennent de manière récurrente dans les témoignages recueillis sur le terrain.

Au-delà de la perte humaine, le bilan matériel est lourd. Les infrastructures du parc ont été sévèrement touchées, compromettant temporairement certaines activités de surveillance et de gestion. Des informations encore partielles font également état de dégâts collatéraux dans les communautés riveraines, avec des habitations, des champs et des équipements sociaux affectés par les eaux et les coulées de boue, bien que ces données doivent encore être consolidées et chiffrées de manière indépendante.
Cet événement met en lumière la vulnérabilité croissante des aires protégées face aux phénomènes climatiques extrêmes. Dans les montagnes du Ruwenzori, la répétition de pluies intenses semble s’inscrire dans une tendance régionale marquée par une variabilité accrue du régime pluviométrique, souvent associée aux dérèglements climatiques globaux. Pour le Parc National des Virunga, déjà confronté à l’insécurité armée et aux pressions humaines, ces aléas environnementaux constituent un défi supplémentaire.

La mort d’une agente de conservation pose enfin la question des dispositifs de prévention et de protection du personnel face aux risques naturels. Elle interroge la capacité des gestionnaires et des autorités à anticiper ces événements, à mettre en place des systèmes d’alerte précoce et à adapter les infrastructures aux nouvelles réalités climatiques.
La crue de la rivière Taliha n’est donc pas un simple fait divers. Elle révèle, de manière brutale, les failles d’un territoire exposé à la fois aux dérèglements du climat, à la pression humaine et à des moyens de prévention encore insuffisants. Un signal d’alarme qui appelle des réponses urgentes en matière de résilience climatique, de protection des agents de terrain et de sécurisation des communautés vivant aux abords des espaces naturels protégés.
Par kilalopress