Nord-Kivu : « Les procès ne sont pas organisés à la prison centrale de Walikale depuis l’État de siège « (Rapport)

L’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) est considérée actuellement comme un miroir des morts suite à l’activisme des groupes armés. Au-delà du carnage, les détenus vivent dans les conditions très déplorables dans la province du Nord-Kivu.

Attirées par les alertes sur la situation, cinq (5) organisations de défense de droits humains ont mené une enquête dans les maisons carcérales de Goma-Munzenze, Masisi et Walikale dans la partie sud de la province. Ces ont documenté de janvier jusqu’à septembre 2023 la situation en effectuant de descentes dans ces trois prisons.

Ce jeudi 14 septembre 2023, ces organisations dont le foyer de développement pour l’autopromotion de personnes indigentes et en détresse (FDAPID), Humanité pour tous (HPT), bureau d’étude et d’appui au développement de Walikale (BEDEWA) , Action pour le Développement, l’Education civique et la Défense des droits Humains en RDC (ADEC/DDH-RDC) et Haki Zangu (HAZA) ont présenté à la Presse de Goma les conclusions de leur
rapport.

Un calvaire pour les prisonniers.

Construite avec une capacité d’accueil de 300 personnes, la prison centrale de Goma-Munzenze héberge actuellement 3 658 prisonniers dont 136 femmes auxquels s’ajoutent 21 nourrissons et plus de 40 enfants mineurs. Selon ce rapport, les condamnés dont au nombre de 697 personnes soit 19% de prisonniers de Munzenze. La population de cette maison carcérale mange difficilement une fois par jour; les cas de malnutrition et autres pathologies chroniques sont récurrents.

Le rapport indique que les détenus sont exposés aux intempéries.Depuis janvier 2023, 24 détenues sont décédés.

Dans la prison centrale de Walikale, 19 personnes sont mortes depuis janvier jusqu’à septembre courant soit 6,3% de la population carcérale. Avec une capacité d’accueil de 60 personnes, cette maison carcérale héberge actuellement 189 prisonniers dont 6 femmes et un nourrisson et 12 condamnés.

Les 5 organisations disent avoir constaté un risque élevé d’incidents graves dans les prochains. Dans cette prison, il y a insuffisance du personnel (4 agents pénitenciers). L’on note également la malnutrition et l’insuffisance psychologique.

Plus pure, les procès ne sont pas organisés dans cette prison depuis l’entrée en rigueur de l’état de siège au Nord-Kivu.

Par ailleurs, dans la prison centrale de Masisi, l’on note le décès de 43 décès dont 26 morts de janvier en avril et 17 morts entre avril et julllrt 2023. Dans cette prison ayant une capacité de 120 personnes, il n’y a pas des robinets, des douches et toilettes. Il y a également absence des tenues, des lits, des matelas et de couvertures pour les détenus.

Dans cette maison carcérale, FDAPID, HPT, BADEWA, ADEC/DDH-RDC et Haki Zangu déplorent le manque d’une structure sanitaire ni d’argent psychologique pour l’encadrement des enfants en conflit avec la loi.

Des défenseurs des droits humains cloués dans la prison.

Pendant la documentation, ces organisations ont déniché 7 défenseurs des droits humains dans la prison centrale de Goma-Munzenze. S’agissant des détenus appartenant aux groupes marginalisés, il y a 2 autochtones pygmées dans la prison de Walikale et 27 dans celle de Goma, soit un total de 29 personnes.

Les cinq organisations pour l’amélioration des conditions carcérales.

Pour accorder crédit aux conditions inhumaines dans les prisons de la RDC, les cinq organisations appellent le Gouvernement congolais à garantir aux détenus une alimentation saine et d’accélérer la construction de la prison moderne de Munzenze à Kimoka, à 27 kilomètres de la ville de Goma, au Nord-Kivu.

« Il faut équiper la prison centrale de Walikale et surtout l’organisation des audiences foraines et l’instauration d’une équipe de santé mobile. Pour ce qui concerne la prison de Masisi, il faut la construction d’une prison répondant aux normes », a indiqué Vicar Batundi Hangi coordonnateur de l’organisation FDAPID.

Pour éviter que ce rapport soit utopique, ces défenseurs des droits humains disent avoir mis en place un comité de suivi.

Magloire Tsongo, à Goma

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