Le Forum des jeunes sur le climat (FOJEC 4), qui s’est tenu à Kinshasa du 4 au 6 novembre 2024, a marqué un tournant capital dans l’engagement des jeunes congolais vis-à-vis des enjeux climatiques mondiaux. Trois jours de débats intenses, d’ateliers collaboratifs et de réflexions stratégiques ont permis de mettre en lumière la nécessité urgente d’impliquer les jeunes générations dans la gouvernance environnementale.
Organisé par la Dynamique des Jeunes pour l’Environnement et le Développement Durable (DYJEDD), cet événement a réuni une centaine de jeunes leaders, experts environnementaux et représentants d’organisations internationales. Leur objectif commun ? Faire entendre la voix des jeunes dans les processus décisionnels liés au changement climatique. En effet, comme l’a souligné l’un des organisateurs, Samy Ilunga, coordonnateur de la DYJEDD : « Nous ne pouvons plus attendre. Il est temps d’intégrer les jeunes dans les discussions dès maintenant, car ce sont eux qui hériteront des conséquences de nos choix d’aujourd’hui. »
Au cœur du Forum, le thème central – “L’implication des jeunes dans les organes de prise de décision à tous les niveaux” – a suscité des échanges passionnés. Lors de la session de clôture, les intervenants ont unanimement insisté sur le rôle crucial que les jeunes peuvent jouer dans l’élaboration des politiques climatiques, non seulement en tant que citoyens engagés, mais aussi en tant que véritables acteurs décisionnels.
Dr. Fabrice Tshimanga Ndaye, représentant de l’Initiative Interreligieuse pour les forêts tropicales (IRI-RDC), a fait remarquer que « les jeunes apportent des solutions novatrices et des idées nouvelles face à des défis environnementaux qui, souvent, semblent insurmontables ». Selon lui, les jeunes sont porteurs d’une énergie créative indispensable à la mise en œuvre de politiques environnementales efficaces et durables. Mais au-delà des discours, le Forum a permis de dégager des pistes concrètes pour renforcer cette participation des jeunes. Parmi les recommandations majeures figurent la création de plateformes numériques permettant aux jeunes de se connecter aux instances décisionnelles, et la mise en place de programmes de mentorat pour les former et les accompagner dans leur montée en compétence sur les enjeux climatiques.
« Le temps des promesses est révolu », a martelé Samy Ilunga. « Les jeunes doivent désormais être non seulement écoutés, mais aussi impliqués de manière active dans la gestion des ressources naturelles, dans la planification des politiques climatiques et dans l’élaboration de solutions locales face aux effets du changement climatique. » Alors que la RDC est régulièrement frappée par des catastrophes naturelles liées au réchauffement climatique, le FOJEC 4 a mis en lumière les répercussions dramatiques du changement climatique sur les écosystèmes locaux et les populations vulnérables. En particulier, la déforestation galopante, la gestion des eaux et l’agriculture durable sont des problématiques qui touchent directement les jeunes de cette partie au centre de l’afrique, qui sont souvent les premiers affectés par ces crises environnementales. Parmi d’autres solutions avancées, on note la nécessité de renforcer l’éducation environnementale dans les écoles, d’encourager des pratiques agricoles durables et d’intensifier les efforts de reforestation dans les régions les plus touchées par la déforestation.
En fin de compte, le FOJEC 4 n’a pas seulement été un lieu de débat, mais aussi un véritable laboratoire d’idées pour réinventer les politiques climatiques mondiales, en prenant en compte les besoins et les idées des jeunes. Les participants ont quitté le forum animés d’une volonté commune : ne plus se contenter de simples discussions, mais prendre part activement aux décisions qui façonneront l’avenir de la planète. Ils s’engagent désormais à faire entendre leur voix dans les prochaines conférences internationales sur le climat, notamment la COP 30, qui se tiendra à Kinshasa en 2026.
Le forum a prouvé qu’il ne s’agit pas simplement d’une question de génération, mais d’une question de survie. « Les jeunes sont les leaders de demain, mais leur leadership commence dès aujourd’hui », a conclu Dr. Tshimanga. À travers cet événement, il est désormais clair que l’avenir climatique de la planète ne se jouera pas uniquement dans les salons des grandes conférences internationales, mais aussi dans les rues, les écoles, et les espaces de décision locale, où les jeunes ont leur mot à dire.
Par kilalopress