Nord-Kivu : 145 Organisations appellent à la justice climatique pour la RDC à l’approche de la COP29

À quelques semaines de la COP29, prévue fin novembre 2024, un appel vibrant pour la justice climatique a résonné dans les rues de Goma, au Nord-Kivu, à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC). Un collectif de 145 organisations de la société civile, membres du réseau sur le changement climatique, a exigé une action plus ambitieuse et un engagement concret de la part des pays industrialisés face à la crise climatique.

Alors que la RDC, pays riche en ressources naturelles et en biodiversité, se trouve au cœur des enjeux mondiaux de préservation de l’environnement, ces organisations appellent à une reconnaissance pleine et entière des efforts concrets du pays et à la réparation des torts causés par les grandes nations polluantes. Sous la direction de M. Placide Amisi, directeur national du réseau sur le changement climatique, les organisations ont souligné l’urgence d’une prise de position claire de la RDC sur la scène internationale. « Nous voulons que la voix de la RDC soit entendue lors de cette grande conférence mondiale sur le climat », a déclaré M. Amisi lors d’une interview à Goma. Un message fort, particulièrement pertinent alors que le pays est souvent perçu comme un acteur clé dans la lutte contre le changement climatique, notamment grâce à ses forêts tropicales qui jouent un rôle crucial dans la régulation du climat mondial.

Cependant, le constat est amer : bien que la RDC soit riche de solutions naturelles pour limiter le réchauffement climatique, elle est constamment sommée de préserver ses forêts, tandis que les grandes puissances industrielles, responsables historiques de la pollution mondiale, peinent à tenir leurs promesses. « Des promesses non tenues », déplore M. Amisi, faisant référence aux engagements pris par les pays industrialisés à financer la conservation des forêts de la RDC, tout en continuant leurs émissions polluantes.

Ce cri de justice s’est intensifié au cours d’une marche pacifique organisée simultanement à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, où des centaines de citoyens, activistes et organisations environnementales se sont aussi unis pour revendiquer une meilleure répartition des responsabilités en matière de réchauffement climatique. La marche, qui s’inscrit dans le cadre de la caravane des pays africains pour la justice climatique, a permis de mettre en lumière l’ampleur du déséquilibre entre les responsabilités des pays industrialisés et les souffrances des pays africains.

Comme l’a souligné Crispin Ngakani, membre du consortium d’organisations, « les pays industrialisés sont responsables de 90% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et pourtant, ce sont les pays africains, comme la RDC, qui en subissent les conséquences les plus dramatiques. » Les inondations, les sécheresses, la perte de biodiversité et les déplacements forcés de populations dues aux catastrophes naturelles sont devenus des réalités quotidiennes pour des millions de Congolais, sans qu’aucune compensation ne soit apportée pour ces dommages.

Cette injustice climatique fait écho aux engagements de la Conférence des Parties (COP) sur l’abandon progressif des énergies fossiles et la transition vers une économie décarbonée. Pourtant, les pays industrialisés continuent d’exploiter des ressources fossiles et d’émettre des gaz à effet de serre à une échelle alarmante. Pour Ngakani, il est impératif que ces pays prennent des mesures concrètes, notamment en payant pour les dommages causés aux pays en développement comme la RDC, à travers des compensations financières et un soutien direct aux projets de conservation.

À l’aube de la COP29, la RDC se trouve à la croisée des chemins : d’un côté, elle détient des solutions essentielles pour la lutte contre le changement climatique, et de l’autre, elle subit de plein fouet les conséquences de décennies de pollution industrialisée. Le message des 145 organisations de la société civile est clair : il est grand temps que les pays responsables de la crise climatique assument leurs obligations et respectent leurs engagements envers les pays les plus vulnérables, notamment la RDC.

La justice climatique, loin d’être un concept abstrait, doit se traduire par des actions concrètes, des financements pour la protection des écosystèmes et une répartition plus équitable des responsabilités mondiales. Les Congolais et les Africains en général ne doivent pas être les boucs émissaires d’un système global qui continue de favoriser l’exploitation à outrance au détriment de la planète. La COP29 est une opportunité unique pour mettre fin à cette injustice. Mais cela ne pourra se faire sans une pression internationale forte et un engagement ferme de tous les acteurs mondiaux. selon les participants a la caravane, la RDC, ses forêts et ses populations, méritent plus qu’une promesse : elles méritent des actions concrètes et durables.

Par kilalopress

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