Mise en service d’une machine hydraulique flottante de 15 kW pour produire de l’électricité sur la rivière Katanda à Kichanga

Un ingénieur congolais a installé et mis en service une machine hydraulique flottante produisant 15 kilowatts d’électricité sur la rivière Katanda, à Kichanga, dans la chefferie de Bashali, au Nord-Kivu. Cette initiative vise à fournir une énergie locale sans carburant ni pollution afin d’alimenter plusieurs ménages confrontés à un accès limité à l’électricité, selon une source locale.

Dans la chefferie de Bashali. Là où l’on parle le plus souvent de pénurie énergétique et de promesses différées, une machine flottante, encore peu connue du grand public, a commencé à produire de l’électricité à partir du seul courant du fleuve. Selon des sources locales présentes lors de la mise en service, il s’agit d’une première en République démocratique du Congo : une installation hydraulique flottante, conçue pour exploiter la force naturelle de l’eau sans recourir ni au carburant ni à des procédés polluants. L’équipement, ancré directement sur la rivière, transforme l’énergie cinétique du flux en électricité, dans un contexte où l’accès à l’énergie demeure l’un des freins structurels au développement local.

À l’origine de cette initiative se trouve Alain Batechi, ingénieur congolais formé en électricité générale. Interrogé sur place, il explique que la machine actuellement en service développe une puissance estimée à 15 kilowatts, pour une tension de 220 volts. Une capacité modeste à l’échelle des grands barrages, mais loin d’être négligeable dans une zone où l’obscurité conditionne encore les activités économiques et sociales dès la tombée de la nuit.

D’après les éléments communiqués, cette production permet déjà d’alimenter entre 15 et 20 ménages pour des usages essentiels : éclairage domestique, conservation alimentaire via des réfrigérateurs, repassage et fonctionnement d’autres appareils de base. La distribution s’effectue au moyen d’un système de « cash power » à puissance limitée, présenté par le concepteur comme un outil de gestion simple et transparent, pensé pour éviter les dérives fréquemment observées dans les réseaux informels.

Au-delà des chiffres, l’installation a suscité une mobilisation inhabituelle des habitants riverains. Certains observateurs notent que la présence de la machine a provoqué une forme de réappropriation collective de la rivière, désormais perçue non plus seulement comme un élément du paysage ou une ressource halieutique, mais comme un levier énergétique concret. Cette dynamique communautaire, encore fragile, pourrait jouer un rôle clé dans la durabilité du projet, notamment en matière de protection de l’infrastructure et de partage équitable de l’électricité produite.

À moyen terme, Alain Batechi affirme vouloir aller plus loin. Son ambition, confie-t-il, est de concevoir une machine plus puissante, capable d’alimenter l’ensemble de la ville de Kichanga. Un objectif qui suppose des moyens financiers, un accompagnement technique et une reconnaissance institutionnelle encore incertains. Il lance ainsi un appel à l’appui des autorités, des partenaires et de toute personne disposée à soutenir cette initiative, estimant que les solutions énergétiques locales méritent d’être considérées avec autant de sérieux que les grands projets nationaux, souvent ralentis par des contraintes administratives ou financières.

À en croire certaines analyses du secteur, ce type de micro-projet hydraulique pourrait constituer une réponse pragmatique aux besoins énergétiques immédiats des zones rurales et semi-urbaines, tout en limitant l’empreinte environnementale. Dans un pays aux immenses potentialités hydriques, mais où l’électrification reste largement inachevée, ces innovations de proximité interrogent les choix de priorités et la capacité des politiques publiques à intégrer l’ingéniosité locale. Sur les rives de la Katanda, l’expérience en cours n’a rien d’un symbole abstrait. Elle éclaire déjà des maisons, modifie des habitudes et nourrit l’espoir d’un développement pensé à partir du territoire lui-même. Reste à savoir si cette intelligence congolaise, mise en mouvement à petite échelle, trouvera les relais nécessaires pour s’inscrire dans le temps et inspirer d’autres communautés confrontées aux mêmes défis énergétiques.

Par kilalopress

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *