Lubumbashi : les acteurs de la société civile se mobilisent pour renforcer le contrôle des revenus miniers

La ville de Lubumbashi a accueilli, du 23 au 24 janvier 2026, une session de partage d’expériences centrée sur la gouvernance financière et le suivi de la gestion des ressources publiques issues du secteur minier. Organisée par la coalition « Le Congo n’est pas à vendre » (CNPAV) avec le soutien de ses partenaires, cette rencontre a rassemblé des représentants de la société civile venus principalement des provinces du Haut-Katanga, du Lualaba et du Haut-Uélé.

Dans un contexte national où le budget de l’État connaît une hausse notable et où le secteur minier demeure un pilier stratégique de l’économie congolaise, les bénéfices directs pour les populations locales restent, selon certains observateurs, limités. La concentration de la gestion des ressources et le manque de transparence alimentent un environnement jugé fragile par les acteurs de la société civile, qui entendent renforcer leur rôle de veille citoyenne.

Pendant deux jours, les participants ont échangé sur les méthodes de contrôle citoyen, de plaidoyer et de suivi des finances publiques. L’accent a été mis sur la collecte, le traitement et l’analyse des données financières, ainsi que sur l’élaboration de messages clairs à destination des décideurs. Ces travaux visaient à outiller les organisations pour conduire un suivi plus structuré des revenus miniers, tout en tenant compte des réalités locales propres aux provinces minières.

Au terme de la session, les discussions ont souligné l’importance de renforcer la coopération entre les organisations engagées dans le contrôle citoyen et de favoriser une plus grande ouverture des autorités publiques. « Les autorités publiques sont appelées à collaborer, à accepter et à recevoir les acteurs de la société civile qui viennent poser des questions. Il ne s’agit pas d’un dérangement, mais d’un contrôle citoyen visant à améliorer la gestion des finances publiques et les services rendus aux citoyens », a déclaré Maître Fabien Mayani, membre du comité de pilotage de la coalition CNPAV.

Pour la coalition, cette rencontre constitue un succès en termes d’échanges et de partage d’expériences. Selon Maître Mayani, les participants ont exploré non seulement les pratiques efficaces de contrôle citoyen, mais également les difficultés rencontrées dans la collecte et l’analyse des informations financières, afin d’influencer la gestion des revenus miniers. La coalition a par ailleurs salué l’adoption de résolutions visant à organiser régulièrement ce type de sessions, permettant aux acteurs de se mettre à jour et de partager leurs réussites comme leurs limites.

Un autre point saillant de la session a porté sur la professionnalisation des acteurs de la société civile. « Les acteurs de la société civile doivent davantage se professionnaliser, mieux comprendre les mécanismes des finances publiques, les circuits de la dépense et la passation des marchés publics, afin de mener un contrôle citoyen efficace et crédible », a insisté Maître Mayani, en soulignant que cette expertise est indispensable pour renforcer la crédibilité du suivi des ressources publiques.

La CNPAV a indiqué réfléchir à la mise en place d’un cadre permanent d’échanges et de renforcement des capacités. Cette initiative pourrait contribuer à consolider les réseaux, les synergies et l’impact des actions de suivi de la gestion financière et des revenus miniers en RDC. À en croire certains observateurs, cette session marque une étape importante vers une gouvernance plus transparente et redevable des ressources naturelles, tout en offrant aux populations des provinces concernées une lueur d’espoir sur une meilleure redistribution des bénéfices du secteur minier.

Par kilalopress

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