Kolwezi : éboulement mortel dans une mine artisanale de cuivre à Tulizembe

Douze mineurs artisanaux ont péri dans l’effondrement de la mine de cuivre de Tulizembe, survenu récemment près de Kolwezi, dans la province du Lualaba, alors que le site était fragilisé par de fortes pluies. Selon l’Asbl Justicia, les victimes s’étaient introduites sur la carrière en dehors des heures autorisées, malgré des travaux en cours.

L’alerte a été donnée par l’Asbl Justicia, qui évoque un effondrement survenu dans la mine dite Tulizembe 1. D’après les informations recueillies sur place, les corps des victimes ont été acheminés vers la morgue de l’hôpital général de référence du Lualaba Mapanja, tandis que plusieurs blessés auraient été pris en charge dans différents centres hospitaliers de la ville de Kolwezi. À ce stade, les circonstances exactes du drame continuent de faire l’objet de recoupements, tant le site est marqué par une superposition de responsabilités formelles et informelles.

Selon la coopérative minière COMIBAKAT, les creuseurs concernés auraient enfreint les mesures de sécurité interdisant toute présence sur le site au-delà de 16 heures. Ils se seraient introduits nuitamment dans la carrière, malgré des conditions météorologiques particulièrement défavorables. La province du Lualaba connaissait en effet de fortes pluies au moment des faits, des précipitations abondantes susceptibles d’avoir fragilisé davantage un sol déjà instable, à en croire des observateurs du secteur minier local.

Certaines sources locales avancent par ailleurs que l’entreprise minière chinoise Thomas Mining, partenaire financier de la coopérative COMIBAKAT, menait des travaux de séchage de la mine au moment où les exploitants artisanaux se seraient introduits sur le site. Ces opérations n’auraient pas encore été achevées, ce qui soulève des interrogations sur la cohabitation entre activités industrielles encadrées et exploitation artisanale souvent tolérée, mais rarement sécurisée. À en croire certaines analyses, cette porosité structurelle alimente un climat de risques permanents pour les creuseurs, pris entre précarité économique et absence de véritables alternatives.

Ce nouveau drame survient moins de deux semaines après l’éboulement meurtrier de la mine de coltan de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu, rappelant avec brutalité la fréquence des accidents mortels dans les sites miniers artisanaux à travers la République démocratique du Congo. D’après nos recoupements, cette répétition de catastrophes met en lumière des failles persistantes dans la gouvernance du secteur, notamment en matière de contrôle des sites, de respect des horaires, de gestion des risques climatiques et de responsabilité des différents acteurs impliqués.

Au-delà du choc immédiat et du deuil des familles endeuillées, l’éboulement de Tulizembe pose des questions de fond sur l’avenir de l’exploitation artisanale dans un contexte de transition énergétique mondiale, où la demande en cuivre ne cesse de croître. Sur le terrain, les populations locales continuent de payer le prix humain de cette ruée vers les minerais stratégiques, tandis que les mécanismes de prévention, d’encadrement et de protection sociale peinent à s’imposer durablement. À moyen et long terme, estiment des acteurs du secteur, l’absence de réformes structurelles risque de perpétuer un cycle de drames silencieux, où chaque pluie abondante transforme les mines artisanales en pièges mortels.

Par Paul Théo junior


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