Kinshasa : l’incident de N’djili relance l’appel à l’autonomie énergétique des sites stratégiques

Kinshasa, 23 septembre 2025 – L’atterrissage retardé de l’avion présidentiel dans la nuit du 10 au 11 septembre à l’aéroport international de N’djili n’aura pas seulement fait trembler les services de sécurité. Il a surtout mis en lumière une fragilité criante : la dépendance d’infrastructures vitales à un réseau électrique national peu fiable.

Pendant plus de trente minutes, la coupure d’alimentation a plongé la principale porte d’entrée aérienne du pays dans le noir, compromettant la sécurité du chef de l’État et de son équipage. « Ce n’est pas un simple contretemps, c’est une question de souveraineté », rappelle le Réseau Mwangaza, collectif congolais d’experts en énergie, dans un communiqué diffusé après l’incident.

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Pour Mwangaza, l’épisode de N’djili illustre un problème qui dépasse largement l’enceinte aéroportuaire : universités, hôpitaux, services publics et autres installations stratégiques connaissent régulièrement les mêmes pannes. L’organisation plaide pour une double réponse :

  • Autonomie énergétique des bâtiments publics clés grâce à des systèmes hybrides combinant solaire, batteries de stockage et générateurs d’appoint.
  • Gestion rationnelle de l’énergie, en encourageant l’économie et la réduction du gaspillage afin d’alléger la pression sur un réseau déjà fragile.

Un rapport de Resource Matters, partenaire de Mwangaza, publié en août, a déjà testé la faisabilité de ces solutions sur des sites pilotes comme l’Institut Supérieur des Techniques Appliquées (ISTA) et le siège de la SNEL. Les résultats jugés concluants offrent une feuille de route prête à l’emploi.

L’appel de Mwangaza est clair : « Aéroports, hôpitaux, centres de commandement doivent être capables de fonctionner même en cas de coupure. La sécurité énergétique, c’est la souveraineté du pays. » L’organisation dit se tenir prête à collaborer avec le gouvernement, le ministère de l’Énergie et la Régie des Voies Aériennes pour concrétiser ces solutions. Cet incident spectaculaire agit ainsi comme un rappel : la transition vers une autonomie énergétique des infrastructures critiques n’est plus un luxe, mais une nécessité pour garantir la continuité des services publics et l’image d’un État capable d’assurer la sécurité de ses plus hautes autorités… et de ses citoyens.

Par kialopress

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