Le 6 décembre 2024, lors d’une réunion interministérielle consacrée aux « sites à problème » dans la capitale congolaise, le gouvernement de la République Démocratique du Congo a pris une décision forte : démolir toutes les constructions anarchiques situées à moins de 100 mètres du fleuve Congo, notamment dans des zones à risque environnemental. Une mesure qui intervient après des années de gestion laxiste et des mises en garde répétées contre les constructions illégales et les risques qu’elles représentent tant pour la sécurité que pour l’écosystème fragile de la région.
Le fleuve Congo, poumon vital pour des millions de personnes, est également un trésor écologique unique au monde. Toutefois, le développement urbain anarchique qui se développe trop près de ses rives menace non seulement les habitants, mais aussi la biodiversité et les écosystèmes riverains. Les autorités congolaises, conscientes de l’importance de protéger cet écosystème fragile, ont donc décidé de lancer une série de mesures, dont la démolition des constructions illégales qui occupent une bande de terre à moins de 100 mètres du fleuve.
« Il est impératif de protéger nos ressources naturelles et de prévenir les risques d’érosion et de pollution », a expliqué le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, lors de la conférence. La décision vise à restaurer les espaces naturels, à réduire l’impact écologique de ces constructions sur le fleuve et à améliorer la qualité de vie des riverains, souvent exposés à des risques d’inondations et de pollution.
Outre la question environnementale, la sécurisation de certains sites à Kinshasa revêt également un caractère urgent pour la gestion urbaine. La baie de Ngaliema, par exemple, fait l’objet d’une instruction gouvernementale de démolition des constructions illégales à proximité du fleuve, et les certificats d’enregistrement des auteurs de ces constructions seront annulés. Dans un même élan, le gouvernement a annoncé un projet d’urbanisation du site du cimetière de Kasa-Vubu et d’autres zones problématiques, afin d’y instaurer un aménagement plus harmonieux et respectueux de l’environnement.
L’urbanisation raisonnée devient donc une priorité pour la ville de Kinshasa, où les enjeux sont multiples : réduction des inégalités d’accès au logement, meilleure gestion des espaces verts et des infrastructures publiques, et respect des normes environnementales. Les travaux à venir dans des zones telles que les avenues Lubefu et du Fleuve devraient permettre de réorganiser le secteur tout en évitant une urbanisation incontrôlée qui serait néfaste à long terme pour l’environnement.
Dans l’optique de garantir une gestion efficace de cette démarche, le gouvernement a annoncé la mise en place d’un plan d’action concret, soutenu par la création d’une commission interministérielle. Cette commission, composée des ministères des Affaires foncières, de l’Urbanisme et de l’Habitat, ainsi que des représentants de l’administration provinciale de Kinshasa, aura pour mission de coordonner les efforts des différents acteurs pour régler la situation sur le terrain. L’objectif est de superviser la mise en œuvre des directives gouvernementales et d’assurer une transition fluide vers un urbanisme plus durable.
Les autorités ont souligné que l’évacuation des sites à risque, comme ceux proches de l’aéroport de N’Djili et du site de la RVA, est une nécessité pour garantir la sécurité des habitants et des infrastructures stratégiques. Ces zones, jugées trop proches des installations sensibles, seront progressivement réaménagées. Les autorités locales, en collaboration avec les entreprises concernées, seront chargées de mettre en œuvre ces réajustements tout en assurant la sécurité des résidents. Par ailleurs, les autorités de l’ONATRA SA, l’Office national des Transports, sont appelées à jouer un rôle central dans la coordination de l’évacuation des sites voisins de l’aéroport. Une démarche qui vise également à éviter les risques de pollution du fleuve Congo et à préserver l’habitat naturel autour de cet espace vital.
Disons que ce processus de régularisation s’inscrit dans une dynamique plus large d’urbanisme durable, de protection de l’environnement et de renforcement de la sécurité publique. Le gouvernement a d’ores et déjà promis de renforcer les contrôles pour éviter toute nouvelle construction illégale près du fleuve Congo et de veiller à la mise en œuvre effective des projets d’urbanisation.
Par kilalopress