À la veille des festivités de fin d’année, alors que la capitale congolaise se prépare à célébrer Noël et le Nouvel An dans la joie, une autre réalité sombre frappe la commune de Mont-Ngafula. Depuis plusieurs semaines, des quartiers entiers — Sebo, Mama Mobutu, Cité Pumbu, Kindele, Ngansele, Bianda, Cité Verte, entre autres — vivent sans une goutte d’eau potable.
Les robinets restent désespérément secs, les réservoirs vides, et le quotidien des habitants devient un calvaire. La REGIDESO, chargée de la distribution, peine à apporter une réponse concrète. La cause principale : une vaste érosion ayant frappé l’axe Kimwenza, détériorant gravement la conduite principale (DN 600) reliant la station de Lukaya au réservoir de Sebo, désormais à l’arrêt. Ce dysfonctionnement survient en pleine saison pluvieuse, aggravant une situation déjà critique.
Mais derrière ce drame technique se cache une crise plus profonde, aux dimensions écologiques, sociales et sanitaires. L’érosion galopante, conséquence d’un urbanisme non maîtrisé, de l’absence de canalisations adaptées et du déboisement massif, fragilise l’environnement local. Dans l’inaction des autorités, les habitants se débrouillent tant bien que mal pour survivre.

Privées d’eau, de nombreuses familles se voient contraintes de recourir à des sources douteuses : rivières polluées, puits non sécurisés ou achats de bidons à des prix inaccessibles pour les plus vulnérables. Cette situation favorise l’émergence de maladies hydriques, particulièrement chez les enfants, et accentue les inégalités au sein de la population.
À l’approche des fêtes, période traditionnellement associée à la propreté, au partage et à la convivialité, cette pénurie est ressentie comme une profonde injustice. « Comment parler de fête quand on n’a même pas de quoi se laver ou cuisiner pour sa famille ? », s’indigne un habitant visiblement à bout.

Face à cette urgence, il devient impératif que les autorités locales, provinciales et nationales prennent des mesures concrètes et rapides : réparation des installations endommagées, ravitaillement par camions-citernes et, surtout, élaboration d’un plan de résilience à long terme pour prévenir de nouvelles crises.
Cette situation soulève également une question juridique et citoyenne : en vertu des droits fondamentaux garantis par la loi congolaise, l’accès à l’eau potable devrait-il être considéré comme un service public essentiel et protégé, dont la privation constitue une violation des droits humains fondamentaux ?

L’eau n’est pas un luxe : c’est un droit. En priver une population entière, c’est l’exposer à la souffrance, à la maladie et à l’abandon. La responsabilité des autorités n’est plus seulement technique, elle est avant tout morale et légale.
Par kilalopress