Kinshasa : Daniel Bumba promet l’étranger pour gérer les déchets que l’on ignore de résoudre localement

Alors que Kinshasa croule sous 10 000 à 17 000 tonnes de déchets par jour, le gouverneur Daniel Bumba annonce fièrement un partenariat avec Qatar Polymer pour produire des sacs poubelles biodégradables. Sur le papier, c’est ambitieux : création d’emplois, transfert de compétences et livraison d’un premier lot de sacs. Dans la pratique, c’est une démonstration crue de priorités inversées et de dépendance à l’étranger.

La RDC dispose pourtant déjà d’une loi interdisant la production et la vente de certains plastiques, mais celle-ci est largement contournée par les importations continues. L’Hôtel de Ville, incapable de financer l’achat des sacs biodégradables produits localement, préfère se tourner vers un acteur étranger et un financement de la Qatar Development Bank. Pendant ce temps, les entrepreneurs congolais, capables de produire ces sacs, restent ignorés.

Le gouverneur a même effectué un voyage à Doha, accompagné du ministre provincial et de l’ambassadeur de la RDC, pour évaluer les capacités techniques de Qatar Polymer. Une tournée diplomatique qui pose question : alors que la capitale souffre d’un déficit massif en gestion des déchets, pourquoi envoyer des responsables à l’étranger au lieu de soutenir les solutions locales et renforcer la chaîne d’assainissement nationale ?

Le projet est présenté comme stratégique pour combler le déficit actuel de sacs poubelles, mais il ne résout en rien les causes structurelles du problème : production locale insuffisante, mauvaise application de la loi et manque de moyens financiers. Les Kinois, eux, voient surtout une priorité mal placée, où la communication et les voyages diplomatiques priment sur les actions concrètes. Comme le résume un entrepreneur congolais vivant de UPN :

« On interdit le plastique mais on continue d’importer, et maintenant on va chercher l’étranger pour résoudre ce que l’Hôtel de Ville ne peut même pas financer ? »

Kinshasa mérite mieux qu’un spectacle de promesses étrangères. Elle mérite que ses solutions locales soient soutenues, que la loi soit appliquée et que la gestion des déchets devienne une action tangible, et non un simple coup de communication politique.

Par kilalopress

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