Kinshasa : Atelier de formation des journalistes de la presse écrite et audiovisuelle sur la biosécurité et l’avant-projet de loi relatif à la biosécurité en RDC

Kinshasa, 25 septembre 2025 – La République démocratique du Congo engage une nouvelle étape dans la protection de sa biodiversité. Réunis vendredi dans la salle de conférence du CEPAS, une quarantaine de journalistes de la presse écrite et audiovisuelle ont pris part à un atelier d’échange sur la biosécurité et l’avant-projet de loi destiné à encadrer l’usage des biotechnologies modernes.

Organisée par le ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie du climat, la rencontre visait à impliquer la presse environnementale dans la vulgarisation de ce futur texte. « Les médias sont un contre-pouvoir indispensable. Ils doivent comprendre les enjeux pour informer, éduquer et interpeller les décideurs », a rappelé le secrétaire général du ministère lors de l’ouverture.

La journée a débuté par l’accueil et l’enregistrement des participants, suivis d’une cérémonie officielle marquée par le mot de bienvenue et d’allocution d’ouverture du secrétaire général. Après la présentation des participants et des objectifs de l’atelier, une pause-café a précédé les travaux techniques.

Monsieur Guy Ngoma,Point focal biosécurité et Coordonnateur du Projet SINBF en RDC, a ouvert la série d’exposés en présentant le Protocole de Cartagena et le cadre national de biosécurité. Il a rappelé que la RDC, signataire du protocole depuis 2005, doit encadrer le transfert, la manipulation et l’utilisation des organismes vivants modifiés (OVM) pour protéger la biodiversité et la santé humaine. Ces OVM, a-t-il expliqué, sont des organismes génétiquement modifiés grâce à des techniques comme la recombinaison d’ADN ou l’édition du génome, qui peuvent aider à relever les défis alimentaires mais exigent une réglementation stricte.Dans sa deuxieme presentation il a placer son explication au cœur du projet sous-régional SINBF qui associe la RDC, Madagascar et la Namibie. Financé par le Fonds pour l’Environnement mondial (FEM) et mis en œuvre par le PNUE et RAEIN-Africa, ce programme vise à doter les pays participants de capacités réglementaires robustes pour prévenir les risques liés aux organismes vivants modifiés (OVM) et garantir un suivi efficace de leur importation, de leur production et de leur utilisation.

Le professeur Freddy Bulubulu a ensuite pris la parole pour détailler les avantages et les risques liés à la biotechnologie moderne, ainsi que le rôle crucial des institutions de recherche. Selon lui, les OVM peuvent améliorer la sécurité alimentaire en rendant les cultures plus résistantes aux parasites et au climat, mais leur déploiement comporte des risques environnementaux, sanitaires et éthiques. Il a insisté sur la nécessité d’un cadre scientifique solide et d’une expertise nationale capable d’anticiper les effets potentiels. « Sans un réseau de chercheurs formés et des compétences locales renforcées, la gestion des OVM pourrait exposer la RDC à des vulnérabilités », a-t-il averti.

L’après-midi a été marqué par la présentation de l’avant-projet de loi sur la biosécurité par Me Félix Lilakako. Ce texte, encore en phase de consultation, prévoit soixante-neuf articles encadrant l’importation, la production et l’utilisation des OVM. Il établit un cadre institutionnel avec la création d’une autorité nationale compétente, d’un comité scientifique et d’un comité consultatif pour réguler l’introduction et l’utilisation des OVM, tout en précisant les obligations de notification, l’évaluation des risques et les responsabilités en cas de dommages. Me Lilakako a également souligné le rôle central des journalistes : informer avec précision, contrer la désinformation, et faire de l’environnement un impératif éditorial pour mobiliser citoyens, décideurs et acteurs économiques.

Quelques participants se sont exprimés à l’issue des échanges. « cet atelier nous offre les outils nécessaires pour vulgariser un sujet complexe mais essentiel pour l’avenir du pays ». Franck zongwe Lukama de kilalopress, un média en ligne, a salué « un pas décisif vers la protection de la biodiversité, car une presse bien informée peut influencer positivement l’opinion publique ». De son côté, sarah Ngeleza, journaliste de Univers TV, a insisté sur « l’importance de formations régulières afin que les journalistes soient capables de détecter les fausses informations et de mieux sensibiliser la population ».

Rappelons que la RDC a ratifié depuis 2005 le Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques, ainsi que son protocole additionnel de Nagoya-Kuala Lumpur en 2017. Cependant, le premier cadre national de biosécurité élaboré en 2006 n’a jamais été mis en œuvre, faute de financements. L’avant-projet de loi présenté aujourd’hui entend corriger ce retard, intégrer les avancées scientifiques récentes et préciser les mécanismes de responsabilité en cas de dommages environnementaux ou sanitaires.

Cet atelier a permis aux journalistes de Kinshasa de relayer ces informations auprès du grand public et de suivre de près le processus législatif. La prochaine étape sera encore une fois l’examen du projet par le gouvernement avant son dépôt au Parlement. En s’appuyant sur la presse environnementale, le ministère espère que la biosécurité devienne un sujet de débat national, condition indispensable pour concilier innovation biotechnologique, protection de la biodiversité et santé publique.

Par kilalopress

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