À Katogota, dans le groupement d’Itara-Luvungi, la vie reprend progressivement dix mois après le déplacement massif de ses habitants. Mais le retour des familles ne signe pas la fin des épreuves. Le centre de santé local, pillé en février 2025 au moment de la fuite des populations, peine à répondre aux besoins élémentaires des villageois, confrontés à une pénurie criante d’intrants et de matériel médical.
Selon Badesirwe Raymond, président du comité de développement du centre de santé de Katogota, des individus non identifiés avaient profité de l’exode pour s’emparer des fournitures médicales, laissant la structure dépourvue de ressources essentielles. « Aujourd’hui, les retournés éprouvent d’énormes difficultés pour accéder aux soins de santé », confie-t-il à notre rédaction. À en croire des observateurs locaux, l’absence prolongée des organisations humanitaires, qui n’ont pas encore repris leurs interventions après la récente escalade sécuritaire, accentue cette vulnérabilité.

Le chef de quartier, Mangaiko Shabani, attire également l’attention sur le coût humain de cette situation. D’après ses déclarations, plusieurs décès ont été enregistrés, liés à l’insuffisance d’assistance sanitaire et alimentaire. Les habitants sont contraints de parcourir de longues distances vers Kamanyola ou Luvungi pour se faire soigner, s’exposant à des risques accrus.
Pourtant, malgré ces contraintes, le retour à Katogota se fait progressivement. Des familles réinvestissent leurs habitations et tentent de relancer des activités économiques de subsistance, symbolisant une résilience fragile face aux défis sanitaires et sociaux. Des analyses locales soulignent que sans un soutien rapide et ciblé, le rétablissement durable du village reste compromis, avec des implications directes sur la santé et le bien-être des populations retournées. À travers ce contexte, l’expertise locale et l’intervention humanitaire apparaissent comme des éléments déterminants pour éviter que la reconstruction post-conflit ne soit entravée par une crise sanitaire persistante, illustrant le lien étroit entre sécurité, santé et résilience communautaire dans la plaine de la Ruzizi.
Par Wendo joés