À Miabi, dans la province du Kasaï Oriental, une course contre la montre est engagée pour sauver l’école primaire Ditalala, menacée par une tête d’érosion qui progresse inexorablement.
Située à moins de 10 mètres des bâtiments scolaires, cette crevasse géante risque d’engloutir les infrastructures récemment construites dans le cadre du Programme des 145 territoires, mettant en péril l’éducation de 940 élèves. L’école Ditalala, gérée par la 31ᵉ communauté presbytérienne, symbolisait un renouveau éducatif. Ses anciens bâtiments, datant de 1975, étaient devenus dangereux pour les élèves. Grâce au soutien du Bureau central de coordination (BCECO), quatre nouveaux bâtiments – dont deux destinés aux salles de classe – avaient été érigés en 2023 pour offrir un environnement sûr.
Ces infrastructures, encore non inaugurées, sont aujourd’hui au bord de l’effondrement. « Mes 940 élèves vont souffrir. Ils n’auront plus de lieu où étudier », alerte le directeur de l’école, en appelant à l’intervention urgente de l’État et du BCECO. Contacté par les médias, le chef d’antenne du BCECO à Mbuji-Mayi a annoncé une descente sur le terrain pour évaluer la situation, sans préciser de calendrier d’action concret.
Cette crise locale s’inscrit dans un contexte régional alarmant. À Kananga, capitale du Kasaï Central voisin, des têtes d’érosion ont déjà détruit des habitations et menacé des infrastructures critiques, comme l’Athénée Royal de Kananga, fréquenté par 18 000 élèves. En 2023, des missions du BCECO avaient pourtant supervisé des projets de construction dans la région, vantant des standards « internationaux ». Mais les défis environnementaux, couplés à des interruptions de financement – comme celles évoquées par le député Serkas Kasanda en 2024 – fragilisent ces initiatives.
Les experts soulignent l’urgence de solutions durables : consolidation des sols, gestion des eaux de ruissellement et intégration systématique des risques environnementaux dans les projets de développement. « Le Programme des 145 territoires ne peut ignorer la durabilité écologique », rappelle un rapport local, alors que des écoles et centres de santé restent vulnérables. Si l’érosion est un phénomène naturel, son accélération par les pluies diluviennes et une urbanisation mal planifiée en fait une bombe à retardement. La mobilisation du BCECO et des autorités provinciales sera décisive pour éviter que Miabi ne rejoigne la liste des symboles éducatifs sacrifiés. Comme le rappelle un enseignant de Kananga : « Protéger nos écoles, c’est protéger l’avenir de toute une génération »
Par kilalopress