Le 15 janvier 2026 marque le premier anniversaire du Couloir Vert Kivu-Kinshasa, créé un an plus tôt par décret du gouvernement congolais. Signé le 15 janvier 2025 par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, le texte institue une aire protégée à vocation de réserve communautaire, couvrant un vaste espace entre l’Est et l’Ouest de la République démocratique du Congo (RDC).
Présenté comme un projet structurant, le Couloir Vert vise à concilier conservation de la nature et développement durable. Il ambitionne notamment de protéger plus de 100 000 kilomètres carrés de forêts primaires, de promouvoir une économie verte inclusive et de valoriser les ressources naturelles au bénéfice des communautés locales et des peuples autochtones.
Un an après son lancement, le constat reste toutefois mitigé sur le terrain. De nombreuses communautés locales et peuples autochtones pygmées vivant dans la zone concernée affirment ne pas avoir été suffisamment informés ni sensibilisés à l’existence, aux objectifs et aux implications du Couloir Vert.
Le député provincial honoraire et coordonnateur des Écologistes de la RDC, Prince Kihangi, a soulevé d’autres difficultés dont l’absence, à ce jour, d’un organe public opérationnel chargé de la gestion du Couloir. À cela s’ajoutent des erreurs relevées dans la cartographie officielle, dont la mention contestée d’une nouvelle entité administrative au Nord-Kivu, le territoire de Butembo, qui n’a pas de reconnaissance légale.
Par ailleurs, la demande d’intégration du territoire de Walikale au Couloir Vert reste en suspens. Une situation qui alimente les interrogations des acteurs locaux sur la gouvernance, l’inclusivité et la cohérence territoriale du projet environnemental.
Dans un communiqué de Presse, Prince Kihangi Kyamwami a invité la première Ministre Judith Suminwa à se pencher sur cette question d’intérêt national. « Le Couloir Vert Kivu-Kinshasa a été également les mérites de contribuer à valoriser les efforts des communautés locales et des peuples autochtones pygmées des forêts de la République, et à maintenir le statut de pays-solution de la République Démocratique du du Congo », a-t-il rappelé.
Malgré ces limites, le Couloir Vert Kivu-Kinshasa continue de susciter de fortes attentes. Ses promoteurs rappellent qu’il pourrait renforcer le rôle des communautés locales et des peuples autochtones comme gardiens des forêts, tout en consolidant l’image de la RDC comme « pays-solution » face aux défis climatiques mondiaux.
Par Magloire TSONGO