Kinshasa, 22 octobre 2024 – Le deuxième jour de la Conférence des Parties (COP) sur la biodiversité a vu la République Démocratique du Congo (RDC) se positionner comme un acteur clé dans des débats cruciaux concernant la conservation des écosystèmes. Abritant une part significative de la forêt tropicale africaine, la RDC se confronte à des enjeux majeurs de financement et de représentation qui interpellent la communauté internationale.
La question du financement reste au centre des préoccupations de la RDC, qui a exprimé des réserves quant au fonctionnement du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), basé à Washington. Les inquiétudes évoquées par la délégation congolaise, qui avaient déjà failli compromettre un accord lors de la COP15 en 2022, sont aujourd’hui de nouveau mises en avant :
- Complexité d’accès aux financements : La RDC dénonce des procédures jugées trop bureaucratiques, limitant ainsi l’accès aux ressources nécessaires à la conservation.
- Délais de décaissement : Les délais souvent jugés trop longs pour la libération des fonds posent un problème d’efficacité dans la mise en œuvre des projets environnementaux.
- Iniquité dans la répartition des fonds : La RDC souligne que les peuples autochtones sont souvent exclus des bénéfices financiers, une situation qu’elle considère inacceptable.
Ces préoccupations remettent en question l’efficacité des mécanismes actuels et leur capacité à soutenir véritablement la biodiversité. La RDC a également été au centre d’une controverse lors des discussions sur une proposition conjointe de la Colombie et du Brésil. Cette initiative visait à reconnaître le rôle des communautés d’ascendance africaine dans la conservation de la biodiversité. La réponse de la RDC a été ferme, soulevant des questions sensibles :
- Inquiétudes sur l’élargissement du mandat de la convention : La RDC craint qu’une telle reconnaissance n’entraîne une dilution des objectifs initiaux de la convention.
- Raviver des traumatismes historiques : Le pays met en avant le risque de raviver des douleurs liées à l’histoire de l’esclavage africain.
- Maintien du focus sur les enjeux principaux : La délégation insiste sur la nécessité de garder les négociations centrées sur les objectifs environnementaux.
Ces débats mettent en lumière les défis de la représentation dans le cadre des négociations internationales, illustrant les tensions entre histoire et actualité. Dans un registre plus léger, la RDC a été l’un des rares pays à souligner publiquement les difficultés rencontrées avec la qualité du Wi-Fi lors des sessions de négociation. Cet incident, bien que moins grave, rappelle l’importance des infrastructures techniques pour garantir une participation équitable, surtout pour les nations du Sud global.
La participation active de la RDC à cette COP souligne le rôle essentiel des pays dotés d’écosystèmes vitaux dans les négociations sur la biodiversité. Les positions défendues par la délégation congolaise mettent en avant les défis persistants en matière de financement et d’équité dans les efforts de conservation à l’échelle mondiale. Alors que les discussions se poursuivent, il devient impératif de trouver des solutions qui répondent aux préoccupations soulevées, afin d’assurer une protection efficace et juste de la biodiversité mondiale.
Par Franck zongwe lukama
RDC, toujours plaintive