Un projet de recherche scientifique porté par l’Université du Texas en partenariat avec le Parc national de Kahuzi-Biega a été officiellement lancé le 29 janvier 2026 à Bukavu, au Sud-Kivu, pour analyser les pratiques liées à la viande de brousse. L’initiative vise à mieux encadrer ces usages afin de réduire les risques sanitaires et la pression sur la biodiversité.
Dans l’Est de la République démocratique du Congo, cette aire protégée concentre une biodiversité exceptionnelle, mais subit depuis plusieurs années des pressions anthropiques persistantes. La consommation et le commerce de la viande de brousse y occupent une place ambivalente : ressource alimentaire pour certaines communautés, ils constituent également, selon de nombreux spécialistes, un facteur de fragilisation des populations animales et un vecteur potentiel de maladies zoonotiques, transmissibles de l’animal à l’homme. D’après des analyses scientifiques convergentes, ces interactions mal encadrées peuvent accentuer les risques sanitaires dans des zones déjà confrontées à des défis structurels en matière de santé.

Selon les informations communiquées par le Parc national de Kahuzi-Biega, le projet entend examiner l’efficacité réelle des dispositifs réglementaires en vigueur, tout en s’attachant à comprendre les dynamiques socio-économiques qui entretiennent la chasse et la commercialisation de la viande de brousse. Les chercheurs impliqués ambitionnent également d’identifier des alternatives durables, susceptibles de réduire les risques sanitaires sans aggraver la précarité des communautés riveraines, dont les moyens de subsistance restent étroitement liés aux ressources naturelles.
Le lancement officiel de cette initiative s’est tenu le 29 janvier 2026 à Bukavu. La rencontre a réuni les équipes techniques du projet, la Direction du PNKB, les autorités territoriales de Kabare et de Kalehe, des chercheurs nationaux et internationaux, ainsi qu’un représentant du secteur de la santé. À en croire plusieurs participants, cette réunion a surtout permis de poser les jalons d’une collaboration multisectorielle et de clarifier les modalités d’intervention sur le terrain, dans un environnement où les responsabilités se chevauchent souvent.
À cette occasion, la Direction du Parc national de Kahuzi-Biega a réaffirmé sa volonté d’accompagner activement la mise en œuvre de la recherche, en misant sur une coordination étroite entre scientifiques, autorités locales et communautés riveraines. Une posture qui, selon des observateurs du secteur, vise à éviter que les résultats de l’étude ne restent cantonnés au champ académique, sans traduction concrète pour la gestion du parc.
Les autorités territoriales de Kabare et de Kalehe ont, pour leur part, salué une initiative jugée opportune. Elles ont insisté sur l’urgence de promouvoir des alternatives durables au braconnage, présentées comme indispensables à la fois pour la conservation de la biodiversité et pour l’amélioration du bien-être socio-économique des populations locales. Reste toutefois, soulignent certaines sources locales, la question de la faisabilité de ces alternatives dans un contexte marqué par la pauvreté et l’insécurité alimentaire.

À terme, ce projet de recherche aspire à alimenter l’élaboration de politiques publiques mieux adaptées, fondées sur des données scientifiques consolidées. L’enjeu, estiment des analystes, est de parvenir à concilier protection de l’environnement, sécurité sanitaire et développement communautaire dans l’une des régions écologiquement les plus sensibles de la RDC. Un équilibre délicat, dont les contours dépendront largement de la capacité des acteurs impliqués à traduire la connaissance scientifique en décisions concrètes et socialement acceptables.
Par kilalopress