Beni : à Cantine, la gestion des déchets par SADEL inquiète la population locale

À Cantine, entité du groupement Baswagha Madiwe dans le secteur de Beni-Mbau, les déchets ont pris le pouvoir. Là où l’État aurait dû installer des poubelles, ce sont les ordures qui s’installent durablement. Là où l’assainissement devrait protéger la vie, l’insalubrité menace désormais la santé publique au grand jour, dans une inquiétante indifférence.

Depuis plusieurs semaines, la société civile des villages de Baswagha Lubena tire la sonnette d’alarme : aucune poubelle publique, aucun site officiel de collecte, aucune stratégie visible de gestion des déchets. Résultat : les déchets ménagers et commerciaux s’entassent n’importe où, notamment autour du marché central de Cantine, transformé en foyer à ciel ouvert de mouches, d’odeurs pestilentielles et de maladies évitables.

Ce chaos sanitaire n’est pas une fatalité. Il est le produit d’un abandon, voire d’un laisser-faire institutionnel. Car un contrat d’assainissement existe bel et bien. Il a été signé entre le bureau du secteur Beni-Mbau et l’association SADEL, censée assurer la salubrité du marché. Mais sur le terrain, le contrat semble être resté dans les tiroirs. Aucune mesure concrète, aucun impact visible, aucune redevabilité. À quoi sert un contrat qui ne nettoie rien ? À quoi sert une autorité qui voit, sait, mais ne corrige pas ?

Pour la société civile de Baswagha Lubena, le silence des autorités n’est plus acceptable. L’insalubrité n’est pas seulement une question d’hygiène : c’est une question de gouvernance, de dignité et de droit à la santé. Laisser une population vivre au milieu des déchets, c’est exposer délibérément les enfants, les femmes et les commerçants à des risques sanitaires connus.

Fidèle à sa ligne éditoriale axée sur la justice environnementale et la responsabilité publique, Kilalopress.net relaie cette alerte communautaire comme un acte citoyen. Car médiatiser, c’est refuser de normaliser l’inacceptable. C’est rappeler que l’assainissement n’est pas un luxe, mais une obligation légale et morale.

La société civile de Baswagha Lubena appelle donc à des actions immédiates et vérifiables :’identification et l’aménagement urgent d’un site officiel de dépôt des déchets ; l’installation de poubelles publiques fonctionnelles ; et surtout, le suivi rigoureux et transparent du contrat liant le secteur Beni-Mbau à l’association SADEL.

À Cantine, l’insalubrité n’est plus un simple désordre urbain. C’est un test de responsabilité publique.
Et face aux déchets qui s’accumulent, le silence des autorités devient lui aussi une pollution.

Par kilalopress

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