Banque Mondiale : le PURUK renforce la résilience urbaine et la cohésion sociale à Kananga

Avec l’appui financier de la Banque mondiale, le Projet d’Urgence et de Résilience Urbaine de Kananga (PURUK) met en œuvre des travaux de lutte antiérosive pour protéger des infrastructures publiques et les populations de la ville de Kananga. Ces interventions, en cours notamment sur le site PK 706 dans la commune de Lukonga, visent à réduire les risques environnementaux et à renforcer la résilience urbaine face au changement climatique.

À Kananga, la terre continue de glisser sous les pas des habitants, creusée par des saisons de pluies plus intenses, des pentes urbanisées sans plan d’ensemble et des infrastructures construites au fil de l’urgence. Dans cette ville du Kasaï central, l’érosion n’est pas un phénomène abstrait : elle mord les routes, menace l’aéroport, fragilise les voies ferrées, encercle écoles et hôpitaux, et impose aux quartiers populaires une vulnérabilité quotidienne. Selon la cellule de communication du Projet d’Urgence et de Résilience Urbaine de Kananga (PURUK), c’est dans ce contexte précis que s’inscrit ce programme soutenu financièrement par la Banque mondiale, avec l’ambition de contenir l’urgence tout en préparant la ville aux chocs climatiques à venir.

Les travaux engagés relèvent d’abord d’une réponse directe à un risque environnemental devenu structurel. Les dispositifs de lutte antiérosive mis en œuvre visent à stabiliser des sites stratégiques et à protéger des infrastructures publiques essentielles, dont dépend une large part de la vie économique et sociale de Kananga. D’après la celcom, l’érosion a déjà provoqué des ruptures d’accès, des coûts de réparation élevés et une insécurité persistante pour les populations riveraines, faisant de ce projet un outil de sauvegarde autant que de prévention.

Mais l’initiative ne se limite pas aux ouvrages visibles. Toujours selon la même source, le PURUK ambitionne également de promouvoir une planification urbaine plus résiliente face au changement climatique, dans une ville où l’urbanisation rapide a longtemps devancé toute réflexion environnementale structurée. À Kananga, l’absence de systèmes de drainage adaptés transforme chaque pluie intense en menace diffuse, donnant à cette promesse une portée concrète et immédiate. À en croire certaines analyses, la réussite du projet dépendra autant de la solidité des ouvrages que de leur inscription dans une vision urbaine durable et partagée.

Sur le terrain, le chantier du site PK 706, situé dans la commune de Lukonga, cristallise à la fois les attentes et les fragilités qui accompagnent ce type d’intervention. Les travaux y sont exécutés par l’entreprise CFHEC (China First Highway Engineering Company), dans un environnement où se croisent travailleurs étrangers, main-d’œuvre locale et usagers quotidiens. La cellule de communication indique qu’un malentendu est survenu le 31 décembre 2025 entre des travailleurs chinois et des chauffeurs congolais impliqués dans les activités du chantier, révélant les tensions sociales possibles autour des grands projets d’infrastructures.

La situation a toutefois été rapidement prise en charge. le chef de mission de l’entreprise CFHEC, Monsieur JIN, a réuni l’ensemble des parties afin de rappeler le code de conduite et les principes de respect mutuel, conformément aux exigences de la Banque mondiale. Un épisode circonscrit, mais révélateur du fait que la résilience urbaine se joue aussi dans la gestion des relations humaines sur les sites de travail.

La coordination du PURUK, appuyée par la mission de contrôle AIC PROJETTI, affirme rester pleinement mobilisée pour assurer le respect rigoureux des normes environnementales et sociales tout au long de la mise en œuvre des travaux. D’après la cellule de communication du projet, cette vigilance porte notamment sur la protection des riverains, la gestion des déchets de chantier et la limitation des impacts négatifs sur des écosystèmes urbains déjà fragilisés.

À Kananga, l’enjeu dépasse ainsi la simple stabilisation des sols : il s’agit de consolider un avenir urbain où la résilience se construit avec les populations qui vivent au pied des ravines, et non à distance de leurs réalités quotidiennes.

Par kilalopress

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