Nombreuses tueries de masse des populations civiles ont été commises dans différents coins de la province du Sud-Kivu, au cours des années passées. Ces tueries qui ont endeuillé des milliers de familles sont restés impunies par la justice qui était sensé s’occuper de vrais auteurs pour qu’ils répondent à leurs actes.
A chaque commémoration de ces massacres, les victimes ne cessent de condamner le silence des autorités politiques face à ces tristes souvenir. La mémoire des communautés du Sud-Kivu, en particulier et du Congo en général reste vive des massacres de Katogota, commis à la date du 14 Mai 2000.
Plus-ou-moins 375 personnes ont été tuées et leurs corps jetés dans la rivière Ruzizi. Ces tueries de masse auraient été commis par des membres du mouvement Rassemblement Congolais pour la démocratie (RCD). Le 10 octobre 2006, 500 autres personnes ont été tuées dans les villages Kaniola et Nindja dans le territoire de Walungu par les rebelles membres de forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Dans la même suite des événements, plusieurs autres civils ont été massacrés le 18 octobre 1996 à Kiliba dans le territoire d’Uvira par présumés Banyamulenge.
A Makobola, dans le territoire de Fizi, au moins 700 personnes ont été rabattues le 30 décembre 1998.Le rapport Mapping de l’organisation des nations unies (ONU) attribut ce massacre aux combattants de RCD. La nuit du 6 au 7 juin 2014, des fidèles d’une église locale rassemblés pour une veillée de prière ont été surpris par les tirs nourris à la mitraille. 17 personnes ont été tuées par balles à l’église, 2 femmes et un enfant été abattu dans un centre hospitalier de la place.
Certains de ces massacres sont restés sans procès jusqu’à ces jours tandisque pour d’autres la poursuite et/ou la suite des procès ouverts traînent toujours. A entendre les témoignages des victimes et les revendications des ces dernières, l’impunité des auteurs accroît en eux le traumatisme.
Comme toujours, lors de la commemoration du 27eme anniversaire de massacres de Kaziba, lundi 30 juin 2023 les victimes ensemble avec les communautés locales ont exigé une justice transitionnelle et surtout l’exécution du rapport Mapping de l’ONU. ce rapport qui cite clairement les personnes impliquées dans les massacres cités ci-haut. Les victimes ont également exigé réparation à l’État congolais.
Ces victimes ont célébré ce triste anniversaire par une marche allant du bureau de la chefferie de Kaziba jusqu’à la paroisse Christ Roi de Kaziba où une messe d’action de grâce a été célébrée en mémoire des personnes massacrées. Dans son mot, le représentant du Chef de Chefferie de Kaziba, Mr Bwimanine Chibine Chihire, secrétaire administratif de la chefferie, a raconté une histoire cruelle qui a failli la vie du feu Mwami Cimanye Deogratias et des centaines des victimes.
Pour lui, la nation ne doit pas rester indifférente quant à ces crimes macabres. Il souhaite qu’une justice transitionnelle soit faite et la réparation en faveur des victimes. Le président de la société civile de Kaziba, Mr Joyeux Badesire a rappelé que le mousolée pour les personnes massacrées est en cours de construction. Il a pour ce faire demander à toute personne éprise de paix, d’y mettre sa main .
Des témoignages s’en sont suivis entre autres celui de Mme Regina Namushunze dont la mère a été tuée par les massacreurs un jour après sa naissance. Pour rappel, le lundi 28 octobre 1996, plus de 200 personnes ont été tuées à Kaziba par des militaires Rwandophones. Certaines parmi les victimes dont des femmes et des enfants ont été enterrées dans des fausses communes.
Salomon Mubasi