Dans la province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, cinq organisations de la société civile ont récemment mené une campagne de plaidoyer pour l’amélioration des conditions carcérales, jugées inhumaines, dans les prisons de la région. Après avoir effectué des visites de surveillance dans les prisons de Goma/Munzenze, Masisi et Walikale, ces organisations ont compilé, analysé et présenté leurs résultats alarmants.
Le rapport de monitoring révèle des conditions de détention désastreuses. La prison centrale de Munzenze à Goma, conçue pour accueillir 300 personnes, héberge actuellement 3 658 détenus, dont 3 522 hommes, 136 femmes, 21 nourrissons et plus de 40 enfants mineurs. De plus, la prison centrale de Walikale, avec une capacité d’accueil de 60 personnes, compte actuellement 189 détenus, parmi lesquels 12 condamnés. Malheureusement, 19 personnes sont décédées entre janvier et août 2023 dans cette prison.
Face à ces conditions inacceptables, les organisations de la société civile appellent les autorités congolaises à accorder une attention soutenue à cette situation. Elles soulignent que les prisons doivent être des centres de réhabilitation et non des lieux de traumatisme et de destruction des valeurs humaines.
Il est essentiel que des mesures concrètes soient prises pour remédier à cette crise carcérale. La Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a lancé un projet visant à réviser les cas d’au moins 2 000 détenus dans la prison centrale de Goma et les prisons du territoire de Nyiragongo. L’objectif est de libérer les prisonniers détenus illégalement et d’améliorer les conditions générales du système pénitentiaire.
Cette situation nécessite une action urgente. Les inspections judiciaires et les audiences mobiles seront essentielles pour résoudre cette crise carcérale. Des équipes d’inspection ont déjà commencé leur travail, et les personnes arrêtées sans motif valable seront libérées, tandis que les autres seront transférées aux tribunaux compétents pour un jugement équitable.
Un atelier à venir permettra également de former le personnel judiciaire et pénitentiaire pour remédier aux lacunes et aux déficiences identifiées. Il est impératif d’obtenir des résultats concrets, en particulier pour les détenus en détention préventive. Le respect des droits de l’homme et la réhabilitation des prisonniers doivent être au cœur de cette entreprise collective.
Il est temps de mettre fin à cette crise carcérale et de garantir que les prisons du Nord-Kivu remplissent leur rôle de réhabilitation et de respect de la dignité humaine. Les autorités congolaises doivent prendre des mesures immédiates pour remédier à cette situation inhumaine et assurer que les droits fondamentaux de tous les détenus sont respectés.
Rédaction