Goma : enfin 57 corps des victimes des affres du 30 aout portés en terre, un virage important pris dans l’affaire « Carnage de Goma »

Sous une fine pluie qui s’est abattue sur la ville de Goma, en fin d’une journée tumultueuse et de tâtonnement, 57 cercueils ont enfin atteint la nécropole de Makao, un peu plus au Nord de la ville de Goma.C’est là que vont reposer éternellement ces victimes de la manifestation du 30 aout 2023, tuées dans une démonstration de puissance de l’armée, que d’aucuns pensent être un carnage.

une manifestation des Mouvement citoyens prend d’assaut la ville pout dire non à cet enterrement.

Après 18 jours de deuil, où la ville reste sous une accalmie qui peut changer à tout moment, le premier pas dans ce feuilleton qui agite la ville vient d’être franchi, le dénouement de cette perte macabre des citoyens sans défense, qui projetaient une manifestation pacifique contre la présence des troupes étrangères sur le sol congolais et la fin de l’Etat de siège dans la Province du Nord-Kivu et à l’Ituri, semble encore loin. Plus de 140 personnes, pendant ce temps, restent en détention dans cette affaire, essentiellement des adeptes de la secte Foi Messianique Judaïque vers les Nation. Elles attendent leur sort dans un procès qui les oppose au Ministère Public pour Association de Malfaiteurs, et incitation à la révolte, dans l’un des procès les plus suivis, à la Cours Militaire Opérationnelle du Nord-Kivu.

En tête d’affiche des officiels, le Gourou de cette secte et six soldatd des Forrces Armées de la République Démocrstique du Congo, dont deux officier haut gradés, sont le plus attendus pour faire la lumière dans cette affaire décriée.

Un enterrement qui s’impose, ou une stratégie pour désescalader la tension ?.

Dans un espace de seulement quelques heures, une rafale de communiqués s’est succédé autour des agitations réclamant, cet enterrement, des plus attendus. Après une ronde d’identification des corps des victimes, dans le cadre de ce procès, les avocats de la partie civile, ont alerté sur l’état de décomposition de plusieurs corps, dont la plupart n’avait pas de place dans les morgues de la ville.

Avant de tomber d’accord sur la date du 18 pour porter en terre les victimes de ce carnage, l’Hotel du Gouvernement a multiplié, au Musée de Himbi, les rencontres entre les différentes couches sociales pour désengorger la situation. Barza intercommunautaire, Jeunesse… sans trop commenter sur la question de légitimité sont revenus sur ce même enterrement, hormis la revendication de libérer les adeptes de cette secte au cœur des dérapages au sein des forces régaliennes.

Enterrer, oui, mais était-ce populaire ?

Déjà aux premières heures de ce 18 aout, date arrêtée pour enterrer les corps des victimes de ce carnage, Goma a été en effervescence. Quelques artères principales de la ville ont été barricadées pendant quelques instants sporadiques. Entretemps, un important dispositif policier a quadrillé la ville, prêt à lever les barricades jetées sur la voie publique. Cette fois, aucun dégât majeur, ne semble être rapporté, sauf un coup de force dont disent être victimes certains manifestants, contre cet enterrement, qui ont bravé le centre-ville de la Capitale Touristique pour réclamer un enterrement qui honore les victimes
Sur des images devenues virulentes sur la toile, l’on pouvait regarder les premiers véhicules (FUSO) apprêtés pour porter les cercueils, se faire dépouiller de leurs tissus blancs, décorant les carrosseries, signe de deuil ; à quelques mètres du Bureau du maire de Goma.

Exposition des cercueils avant leur mise en terre

Pour le Collectif des avocats des victimes directes, cet enterrement a été improvisé, et n’a pas respecté la mémoire des disparus. Maitre Ashuza NABUGHORE, lisant la déclaration de ce collectif, demandait, que les 142 détenus soient également libérés pour qu’ils aillent identifier leurs morts, afin que l’enterrement qui en suivra tienne compte de toute la réalité.

Il sied de noter que cet enterrement, qui intervient après une série de tractations, a déboulonné de son fauteuil à Kinshasa, le Ministre de l’Intérieur, Sécurité et affaire coutumières. Atterri à Goma dans toute urgence, dans un programme très serré, le VPM Peter Kazadi a échangé, peu avant avec les responsables des familles concernés par l’enterrement. Une enveloppe (qui pourrait aller à autour de deux mille dollars, selon certaines source) a été remise à chacune d’elles, avant la procession, qui n’aura en tout cas pas connu de masse populaire comme attendu. Somme, en tout cas, pas apparemment assez suffisante, pour clore un feuilleton judiciaire.

Quel avenir nous reserve ce procès qui n’est pas le premier devant la même Cours, se questionne plus d’un curieux. Nous y revenons dans une autre réflexion

Flavien MUHIMA

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