Dans le sud-est de la République Démocratique du Congo, la déforestation continue de frapper durement le Domaine de Chasse Kiziba-Baluba (KBHD) malgré la création de cette aire protégée en 2006. Une étude récente, utilisant des outils de télédétection et des systèmes d’information géographique (SIG), révèle que cette zone, initialement conçue pour sauvegarder les forêts tropicales vitales, n’a pas réussi à stopper la déforestation.
Depuis 1989, la couverture forestière dans le KBHD a chuté de 70,33 % à 26,22 %, représentant un taux annuel de déforestation de -1,84 %. Cette régression se traduit par une expansion des savanes (63,93 %), des terres agricoles (5,76 %), et des zones urbanisées (0,93 %). L’augmentation six fois du niveau de perturbation du paysage en 34 ans souligne une fragmentation croissante des forêts. Cette dégradation est aggravée par la réduction de la taille des plus grands îlots forestiers et leur isolement spatial croissant, entraînant la perte de nombreux espaces forestiers résiduels.
L’analyse montre que la déforestation au KBHD est alimentée par plusieurs facteurs clés. La libéralisation du secteur minier en 2002 a entraîné une augmentation de l’extraction minière, une croissance urbaine accélérée, et une demande alimentaire croissante. L’urbanisation de Lubumbashi a conduit à une expansion agricole, avec des villageois défrichant les forêts pour répondre aux besoins alimentaires urbains. De plus, la production de charbon de bois, en réponse à des lacunes dans la production et la distribution d’électricité, a exacerbé la pression sur les forêts.
La surexploitation des produits forestiers non ligneux, tels que les fruits et les plantes médicinales destinés aux marchés urbains, contribue également à cette crise environnementale. Les résultats de l’étude démontrent une nette progression vers des terres agricoles et des zones bâties, aggravant ainsi la fragmentation et la dégradation du paysage.
Malgré les efforts de conservation, la situation au KBHD révèle les limites des stratégies actuelles. La création de l’aire protégée n’a pas réussi à enrayer la déforestation en raison de la persistance des activités humaines et d’une application insuffisante des lois environnementales. Il est devenu évident que la gestion des aires protégées nécessite une réévaluation urgente.
Pour inverser cette tendance, plusieurs mesures doivent être mises en œuvre : redéfinir les limites des aires protégées, mettre en place un service de surveillance permanent, développer un plan de gestion soutenu par des programmes de reboisement et de régénération naturelle assistée, et renforcer l’application des lois environnementales. Une implication active des communautés locales est également essentielle pour une gestion durable des ressources.
cette étude du Domaine de Chasse Kiziba-Baluba met en lumière l’inefficacité des mesures de conservation dans une région fortement anthropisée. La déforestation persistante malgré la désignation d’aires protégées appelle à des réformes immédiates pour renforcer la protection des écosystèmes forestiers. Sans une gestion adaptée et une mobilisation accrue, les précieuses forêts tropicales de la RDC risquent de disparaître, compromettant la biodiversité et les services écosystémiques qu’elles offrent. La nécessité d’une approche intégrée et rigoureuse est plus pressante que jamais pour garantir la survie de ces écosystèmes vitaux.
La Rédaction