RDC : Le Grand Kasaï au cœur de la transition écologique : dialogue entre coutume et environnement

Kinshasa, 26 août 2025 – Une rencontre riche en symboles et en enjeux s’est tenue ce mardi entre la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat, Marie Nyange Ndambo, et une délégation de chefs traditionnels venus du Grand Kasaï et du Maniema. À l’ordre du jour : la situation environnementale alarmante dans cette région, les projets locaux en cours, et surtout, l’appel pressant des communautés autochtones pour une gestion durable de leurs terres ancestrales.

Placée sous le sceau du respect coutumier et de la fraternité, cette audience a permis aux chefs coutumiers de présenter officiellement leurs civilités à la ministre, elle-même originaire du Grand Kasaï. « Nous sommes venus présenter nos civilités à notre fille, digne du Grand Kasaï. C’est une grande fierté pour notre espace », a déclaré le chef Mbulambula, porte-parole de la délégation, saluant au passage la nomination de Marie Nyange Ndambo par le président Félix Tshisekedi.

Mais derrière les hommages, les réalités du terrain ont vite repris le dessus. Le Grand Kasaï, territoire de vastes savanes et de forêts autrefois denses, fait aujourd’hui face à une pression croissante : déforestation, feux de brousse incontrôlés, exploitation abusive des ressources naturelles, et perte accélérée de biodiversité. Les chefs traditionnels ont alerté sur la dégradation de ces écosystèmes, piliers de la culture, de l’économie et de l’identité des peuples autochtones de la région.

« En tant que gardiens des terres, nous avons évoqué la situation des savanes et des forêts du Kasaï, qui méritent d’être protégées et valorisées », a insisté le chef Mbulambula. Les savanes du Kasaï, souvent perçues comme marginales dans les politiques environnementales nationales, jouent pourtant un rôle clé dans la régulation du climat et la conservation d’espèces endémiques.

La délégation a également mis en lumière plusieurs initiatives communautaires porteuses d’espoir : des projets de reboisement, des efforts de captage de carbone, et des actions de sensibilisation à l’écologie menées par les jeunes et les anciens. Autant de démarches qui prouvent que la transition écologique peut – et doit – s’ancrer dans les réalités locales.

« Nous sommes disponibles pour accompagner les actions du ministère et rappelons que la lutte contre les dérèglements climatiques commence à la base, avec nos terres », a affirmé un autre chef présent à la rencontre.

La ministre Marie Nyange Ndambo, visiblement émue par cet engagement, a salué la mobilisation des autorités coutumières. Elle a réaffirmé sa volonté de bâtir une gouvernance environnementale inclusive, fondée sur la reconnaissance des savoirs traditionnels et le partenariat avec les communautés locales. « Travailler main dans la main avec les chefs traditionnels est indispensable pour réussir la protection de nos écosystèmes », a-t-elle conclu. Dans un pays où la biodiversité est une richesse autant qu’un défi, cette rencontre ouvre la voie à une coopération nouvelle entre science, politique et coutume. Le Kasaï, longtemps relégué aux marges des débats environnementaux, pourrait bien devenir un modèle de développement durable enraciné dans ses traditions.

Par kilalopress

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