RDC : Le PGDEEEP trace sa voie vers une économie circulaire innovante et autofinancée

Kinshasa, 27 août 2025 — À moins d’un mois de la clôture de la phase expérimentale du Programme de Gestion des Déchets des Équipements Électriques, Électroniques et Pneumatiques (PGDEEEP), une rencontre stratégique s’est tenue ce mardi 26 août entre la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie du climat, Marie Nyange Ndambo, et une délégation conduite par la firme britannique Intertek, en charge du déploiement international du programme.

Cette réunion marque une étape importante dans l’évaluation et la relance politique du programme, qui pourrait bien redéfinir le modèle de gestion des déchets en République Démocratique du Congo. À travers un dispositif autofinancé inédit en Afrique centrale, le PGDEEEP incarne une transition vers une économie circulaire ambitieuse et durable, saluée par la nouvelle ministre comme « un levier concret d’assainissement urbain, de création d’emplois verts et de souveraineté écologique ».

Ordinateurs, téléphones, réfrigérateurs, téléviseurs, pneus… Autant d’équipements essentiels au quotidien, mais dont la fin de vie pose d’énormes défis environnementaux. Chaque année, des tonnes de ces déchets (appelés DEEE ou EEEP) s’accumulent sans traitement adéquat, menaçant la santé publique et les écosystèmes. Le PGDEEEP s’attaque de front à cette réalité, en posant les bases d’une gestion durable et industrialisée des déchets technologiques dans les grandes agglomérations du pays. Concrètement, le programme vise à collecter, trier, recycler et valoriser ces équipements usagés, tout en structurant une filière verte créatrice d’emplois.

Ce qui distingue le PGDEEEP des autres initiatives, c’est son mode de financement original : le programme ne dépend d’aucune subvention publique directe. Il est soutenu par une éco-redevance prélevée à l’importation des équipements électriques, électroniques et pneumatiques, à travers un certificat écologique devenu obligatoire depuis mars 2025. La société Intertek, mandatée comme partenaire technique et sous-traitant, assure les inspections à l’international et collecte les contributions auprès des fabricants et exportateurs. Près de 800.000 dollars ont déjà été mobilisés et versés au Fonds d’Intervention pour l’Environnement (FIPE), destiné à financer la construction d’infrastructures de recyclage. Ce dispositif permet à l’État de limiter le recours à la dette ou aux bailleurs de fonds tout en assurant une forme de justice environnementale : les producteurs sont responsables du cycle de vie de leurs produits.

Le succès du PGDEEEP repose aussi sur une coopération interinstitutionnelle efficace. En mai dernier, un protocole a été signé entre le FIPE et la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA) afin de renforcer la traçabilité des importations et la collecte des éco-contributions. Le ministère de l’Environnement, la Primature, la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), la société Écologie et Développement Durable (EDD), et d’autres partenaires participent activement au pilotage du programme. Un modèle de gouvernance concertée qui a d’ailleurs été au cœur des discussions entre la ministre Nyange Ndambo et les parties techniques ce mardi.

Au-delà de l’assainissement urbain, le programme vise la création d’emplois verts, notamment dans la collecte, le tri et le recyclage. Ces nouvelles filières industrielles devraient absorber des milliers de jeunes dans un contexte de chômage élevé. Sur le plan environnemental, la valorisation des composants (cuivre, aluminium, plastiques, métaux rares) réduit la pollution des sols et des eaux tout en contribuant à la préservation des ressources naturelles.

La nouvelle ministre a salué l’approche autofinancée du PGDEEEP, qu’elle considère comme une opportunité concrète de montrer que la RDC peut allier écologie, économie et innovation. Elle a réitéré sa volonté d’assurer un suivi rigoureux de l’évaluation de la phase pilote, prévue dès la mi-septembre, et de consolider les bases juridiques et techniques du programme. La réunion a aussi permis de réaffirmer le rôle stratégique de la DGDA dans la collecte des éco-contributions, ainsi que la nécessité d’élargir la sensibilisation des importateurs et du grand public sur les enjeux du programme.

L’ambition portée par le PGDEEEP est claire : faire de la RDC un acteur exemplaire de l’économie circulaire en Afrique. Ce programme, en phase avec les recommandations présidentielles exprimées lors des conseils des ministres, inscrit la gestion des déchets dans une dynamique de souveraineté écologique, de justice environnementale et d’innovation financière. En ce sens, la RDC ne se contente plus de subir l’importation de technologies obsolètes. Elle affirme sa capacité à reprendre le contrôle sur la fin de vie des équipements, tout en renforçant sa résilience économique et environnementale.

Alors que la phase expérimentale du PGDEEEP touche à sa fin le 17 septembre prochain, les signaux sont prometteurs. La réussite de ce programme dépendra désormais de l’adhésion continue des opérateurs économiques, du renforcement des capacités locales, et d’une communication pédagogique renforcée auprès des citoyens. Avec le soutien politique renouvelé de la ministre Marie Nyange Ndambo et l’engagement des parties prenantes, le PGDEEEP pourrait bien devenir le socle d’une transition écologique réussie en RDC, et un modèle inspirant pour toute l’Afrique centrale.

Par kilalopress

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