Haut-Katanga et Lualaba : Mutanda Mining et Kamoto Copper Company accusées par l’ONG Afrewatch d’être responsables de 885 km² de forêt de Miombo détruits, climat et communautés en péril

Kinshasa, 17 décembre 2025 – Dans le Sud-Est de la République démocratique du Congo, les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba se couvrent traditionnellement de la forêt claire du Miombo, un écosystème vital pour le climat et la biodiversité de la région. Pourtant, depuis la libéralisation du secteur minier industriel, cette forêt disparaît à un rythme alarmant. Selon l’ONG Afrewatch, plus de 885 km² de Miombo ont été perdus depuis l’ouverture du secteur aux investisseurs miniers.

Cette perte n’est pas un simple chiffre : elle traduit la destruction d’habitats, la perturbation des cycles hydriques et carboniques, et l’expropriation progressive des communautés locales. Le Miombo, couvrant 84 % de la superficie forestière du Katanga, abrite une biodiversité riche et endémique, tout en régulant les précipitations et la température. Or, les exploitations industrielles de cuivre et de cobalt, concentrées sur plus de 200 sites dans l’arc cuprifère, grignotent systématiquement cette forêt. Des entreprises telles que Mutanda Mining, Kamoto Copper Company, Ruashi Mining, Metalkol ou Kinsevere Mining sont directement pointées du doigt.

Entre 2001 et 2023, le Haut-Katanga a perdu 7 120 km² de couvert forestier, dont près de 500 km² imputables à l’exploitation minière, générant environ 20 millions de tonnes d’équivalent CO₂. Le Lualaba n’est pas en reste : 5 550 km² déforestés, avec 388,5 km² dus à l’extraction industrielle, équivalant à 13,86 MtCO₂e.

Le Code forestier congolais stipule pourtant que toute exploitation forestière doit garantir la préservation de l’écosystème et la compensation environnementale. Or, dans la pratique, ces obligations restent largement théoriques. La taxation de déboisement et de reboisement, appliquée par certaines provinces, ne compense ni la destruction des habitats, ni les impacts climatiques subis par les populations. La justice climatique du pollueur-payeur peine à s’imposer.

Les effets se font déjà sentir : hausse des températures, pluies irrégulières, périodes de sécheresse prolongées et érosions des sols menaçant des quartiers entiers de Kolwezi. Pour les communautés riveraines, c’est un double sacrifice : la spoliation de leurs terres et la perte progressive de ressources vitales comme le gibier, le miel, les champignons et les chenilles, qui constituent des compléments essentiels au revenu agricole.

Alors que le climat et la biodiversité se dégradent, l’État congolais reste étonnamment permissif face aux convoitises minières. La question brûlante demeure : la RDC est-elle complice de la disparition de son propre patrimoine naturel ? Sans politiques de protection claires et sans application effective des mesures du Code forestier, le Miombo risque de devenir un simple souvenir pour les générations futures.

Par kilalopress

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