La Réserve de Faune à Okapis (RFO), sanctuaire forestier inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, refuge de l’okapi et de centaines d’espèces endémiques, est en train de disparaître sous les coups de l’exploitation aurifère. Selon le rapport du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, la déforestation, la pollution et le braconnage atteignent des niveaux alarmants, et rien ne semble freiner les acteurs responsables.
Mais la question qui brûle: qui profite de cette destruction ? Qui signe les permis qui permettent à l’or de grignoter nos forêts ?
Avec plus de 13 000 km² de forêt, la RFO est l’habitat des okapis et des peuples autochtones Mbuti et Efe, qui dépendent de la forêt pour survivre. À en croire l’ICCN, la réserve subit depuis des décennies des pressions croissantes. Et pourtant, malgré les lois qui interdisent l’exploitation minière dans les zones protégées, des permis continuent d’être délivrés, souvent de manière opaque et contestée.
Cette complicité entre acteurs économiques et autorités locales transforme la forêt en un terrain de pillage légal, laissant les communautés locales impotentes face à la destruction de leurs terres et de leur patrimoine culturel.
Selon la Wildlife Conservation Society, l’or artisanal et semi-industriel ronge la forêt, détruit les corridors écologiques et fragmente l’habitat des espèces protégées. À Muchacha, des images satellites montrent des hectares de forêt rasés pour laisser place aux mines.
L’utilisation massive de mercure pour extraire l’or pollue les rivières et les sols, mettant en danger la faune aquatique et les populations humaines. À en croire des journalistes de terrain, certains procédés semi-industriels introduisent des résidus toxiques, aggravant la catastrophe écologique.
Les routes et campements miniers facilitent le commerce illégal d’animaux sauvages, et le braconnage s’intensifie, alertent les experts de Mongabay. Des éléphants, pangolins et okapis voient leurs populations décliner, tandis que les coupables restent rarement poursuivis. Qui signe les permis qui rendent cette situation possible ? Qui protège ces acteurs ?
Près de 25 % des habitants de la RFO sont des Mbuti et Efe. Selon le Business & Human Rights Resource Centre, l’exploitation aurifère détruit leurs terres de chasse et de cueillette, contamine leurs sources d’eau et fragilise leur culture et leur mode de vie. Et qui agit pour eux ? Personne n’empêche ces permis d’être délivrés, personne ne garantit la protection de leurs droits. La forêt, leurs maisons et leur culture sont offertes en pâture à l’or, au profit de quelques intérêts privés.
Bien que la loi congolaise interdise toute exploitation minière dans les aires protégées, à en croire l’UNESCO, des permis sont délivrés sur des zones protégées, souvent en contournant les limites officielles ou en manipulant les cartes cadastrales. Cette situation révèle une impunité totale et une complicité choquante entre décideurs politiques et sociétés minières.
Le résultat : une destruction massive et irréversible de la biodiversité, pendant que les auteurs de cette catastrophe restent libres et invisibles.
Les inselbergs et micro-habitats abritant des espèces endémiques disparaissent, alertent les experts de l’UNESCO. La régulation de l’eau, le stockage du carbone et la sécurité alimentaire des populations locales sont désormais compromis. Et qui en paie le prix ? Les Congolais, impuissants face à la cupidité de quelques-uns. La RFO n’est pas seulement un sanctuaire : c’est un patrimoine écologique, culturel et économique, et sa destruction est un crime contre la nature et les peuples autochtones.
Il est temps que les autorités congolaises, les organismes internationaux et la société civile arrêtent cette dérive. Les acteurs qui octroient les permis et les sociétés qui exploitent illégalement doivent être tenus responsables. La population congolaise ne peut plus rester spectatrice de la disparition de ses trésors. Selon l’UNESCO et les experts, seule une action rapide, transparente et coordonnée pourra sauver la RFO avant qu’il ne soit trop tard.
Par kilalopress