Haut-Katanga : 400 filets de pêche incinérés à Kasenga pour respecter la fermeture saisonnière

Quatre cents filets saisis sur la rivière Luapula et le lac Moero ont été détruits dimanche 18 janvier 2026 à Kasenga et Kashobwe, dans le Haut-Katanga, pour faire respecter l’arrêté provincial de fermeture de la pêche. L’opération, supervisée par le gouverneur intérimaire Martin Kazembe Shula, vise à protéger les stocks halieutiques et encourager la régénération des poissons.

D’après les éléments recueillis, l’opération s’est déroulée en deux temps dans le territoire de Kasenga : 150 filets ont été brûlés à Kasenga-centre, avant que 250 autres ne le soient dans la cité de Kashobwe, le même jour. Les deux sites sont situés le long d’écosystèmes aquatiques stratégiques pour la subsistance locale, où la pression sur les ressources piscicoles est régulièrement signalée par des acteurs du secteur.

Présent sur les lieux, le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe Shula, a supervisé personnellement les deux opérations. À cette occasion, il a rappelé l’existence d’un arrêté provincial ordonnant la fermeture temporaire de la pêche sur les rivières et les lacs de la province. « Nous avons signé un arrêté portant fermeture de la pêche sur les rivières et lacs dans le Haut-Katanga. Cette période, laissons les poissons se reproduire. Tout pêcheur qui violera cet arrêté sera sévèrement sanctionné. Vous devez aussi maintenir la rigueur pour que les filets à mailles prohibés ne soient pas utilisés après la fermeture de la pêche », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés sur place.

Au-delà du caractère répressif de l’opération, les autorités provinciales mettent en avant une logique de régénération des stocks halieutiques. La fermeture saisonnière de la pêche vise, selon les services techniques, à préserver les cycles de reproduction dans des zones déjà fragilisées par la surexploitation, la croissance démographique et l’utilisation de matériels non conformes. À en croire certaines analyses locales, la Luapula et le lac Moero jouent un rôle central dans l’économie alimentaire du territoire, mais aussi dans l’équilibre écologique transfrontalier de la région.

Dans l’enceinte du bureau du secteur Luapula à Kashobwe, Martin Kazembe Shula s’est également adressé à la population, appelant les pêcheurs en particulier, et les paysans en général, à se tourner vers les activités champêtres durant la période de fermeture. Ce message, selon des observateurs, s’inscrit dans une tentative de limiter les tensions sociales que peuvent générer les restrictions d’accès aux ressources naturelles, dans un contexte où la pêche constitue l’une des principales sources de revenus pour de nombreux ménages.

Le chef de service de la pêche et de l’élevage du territoire de Kasenga, Thiery Muhombe, a pour sa part insisté sur la portée pédagogique de l’incinération. « Les filets saisis sont des fraudeurs, les gens qui n’ont pas pu respecter l’arrêté provincial du gouverneur intérimaire. Par cette incinération, nous visons à pouvoir conscientiser les pêcheurs que cette période on ne pêche pas. On doit laisser les poissons se reproduire et les retombées seront positives lorsque la période de fermeture est respectée », a-t-il expliqué.

Il a également souligné que son service a récemment été doté de barquettes motorisées, mises à disposition par le gouvernorat intérimaire, permettant aux agents de mener des patrouilles régulières sur la rivière Luapula et le lac Moero. Ces moyens logistiques sont présentés comme essentiels pour le contrôle effectif de la fermeture de la pêche et la lutte contre l’utilisation de filets à mailles prohibées.

Selon des sources administratives, le séjour de Martin Kazembe Shula dans le territoire de Kasenga s’inscrit dans une série d’activités prévues autour des questions de sécurité et d’infrastructures de base. Reste que, dans cette zone où l’environnement et les moyens de subsistance sont étroitement liés, la destruction publique des filets de pêche soulève, au-delà du geste d’autorité, des interrogations durables sur l’équilibre entre préservation des écosystèmes aquatiques et résilience économique des communautés riveraines.

Par kilalopress

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