Kinshasa : affaire Busanga, 6 milliards de dollars en jeu – Le Réseau Mwangaza exige transparence et réformes

Kinshasa, le 5 avril 2024 ( kilalopress) – Le Réseau Mwangaza a tenu une conférence de presse ce vendredi à Kinshasa pour exiger davantage de transparence et de redevabilité de la part de la Présidence de la République, du Gouvernement Congolais et de l’Inspection Générale des Finances concernant les conclusions définitives de la renégociation des conventions signées avec le consortium des entreprises chinoises en date du 8 avril 2008, d’une valeur colossale de 6 milliards de dollars, ainsi que la signature d’un nouvel avenant pour une durée de dix-sept ans.

Cette conférence de presse a débuté par une présentation du Réseau Mwangaza par son coordinateur, qui vise à renforcer le plaidoyer sur les problèmes communs et spécifiques du secteur énergétique, à servir de cadre d’échanges et d’analyse pour relever les défis du secteur, et à accompagner le travail effectué par les organisations membres en les renforçant techniquement en même temps.

Après cette présentation, Maître Erick Kassongo a pris la parole pour présenter le communiqué de presse, reprenant les préoccupations exprimées par le Réseau Mwangaza. Le Réseau Mwangaza souhaitent comprendre en détail les modifications apportées aux conventions, notamment en ce qui concerne le droit d’accès à l’électricité, l’actionnariat de l’entreprise SICOHYDRO, la répartition des parts sociales et de l’énergie produite, ainsi que les considérations sociales du projet Busanga.

A cette occasion le réseau pose les questions suivantes :

  • Quels sont les réels changements dans l’actionnariat de l’entreprise SICOHYDRO ?
  • Quelle entité représentera les parts de l’État congolais dans l’entreprise ?
  • Pourquoi la SICOMINES intervenait dans le projet Busanga comme actionnaire sans la GECAMINES dont elle est filiale à 25 % ?
  • Est-il possible que la GECAMINES ait été privée des dividendes de la SICOMINES dans SICOHYDRO alors qu’elle détient des actions ?
  • Pourquoi SICOHYDRO jouirait des exonérations et exemptions alors qu’il s’agit d’un opérateur électrique comme tout autre ?
  • Comment le projet Busanga pourrait contribuer à l’électrification des populations environnantes et à la province du Lualaba, où plus de 90 % de la population n’a pas accès à l’électricité ?   En réponse à ces préoccupations, le Réseau Mwangaza formule les recommandations suivantes :
  • À la présidence de la République :
    De veiller à la publication des conventions rénégociées avec le consortium des Entreprises chinoises ; D’encourager la définition d’un quota de distribution de l’énergie électrique produite par Busanga pour assurer le développement local et l’Électrification locale de la provinciale en vue de résorber les déficits en desserte électrique ; D’ordonner l’indemnisation et la réparation en faveur des victimes qui ont perdu des logements et des champs à cause du Projet de Busanga ;
    Au Gouvernement congolais :
    De s’approprier l’initiative de la présidence et de jouer son rôle d’exécutif ; De définir un quota ou pourcentage de la puissance électrique que chaque nouvelle entreprise d’électricité doit réserver pour la consommation locale, de sorte à accélérer le droit d’accès à l’énergie par des nouveaux projets ; D’exiger que SICOHYDRO donne 24 MW de la production de Busanga 
  • A la Province du Lualaba ; D’organiser l’indemnisation et la réparation en faveur des victimes qui ont perdu des logements et des champs à cause du projet de Busanga ; D’éclairer l’opinion publique sur le sort de l’entreprise CONGO MANGEMENT (Coman : anciennement détentrice de 15% de part dans le projet Busanga) ; D’éclairer l’opinion sur les biens fondés des exonérations et exemptions accordées à SICOHYDRO.
    Au Gouverneur de la Province du Lualaba :
    S’approprier le plaidoyer du Réseau Mwangaza vis-à-vis du projet hydroélectrique de Busanga ; D’organiser le processus d’indemnisation juste et équitable des victimes du projet Busanga dont les habitants des villages 48 heures, Mongaluboza, Kamalenge… et des cultivateurs ; De publier le rapport d’indemnisation de 2019, de 2022 et de 2023 pour permettre aux parties prenantes de dégager les responsabilités des acteurs ; D’exiger un quota ou pourcentage de puissance électrique que les nouvelles entreprises d’électricité créées en partenariat avec la province doivent fournir à la consommation locale ; De publier tous les contrats de partenariat conclus entre la province et des opérateurs privés pour le développement du secteur de l’électricité en province.
    À la cellule de coordination et de suivi du contrat SINO CONGOLAIS :
    De s’approprier toutes les recommandations du réseau Mwangaza et d’en faire le suivi .                  Et s’en est suivis les questions et réponses. Avant que maitre Donat KAMBOLA intervienne pour ajouter d,autres details sur les commentaires en lien avec le dossier ayant fait objet de cette conference de presse.                                                                Disons que  cette conférence de presse organisée par le réseau Mwangaza révèle des questions cruciales sur la transparence et la redevabilité autour des conventions signées avec le consortium des entreprises chinoises, mettant en lumière des enjeux colossaux de 6 milliards de dollars. Les recommandations formulées par ce réseau visent à garantir une gestion équitable et transparente des ressources et des projets énergétiques en République Démocratique du Congo.   Par Franck zongwe Lukama

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