Scandale Vantara : en Inde, la justice frappe ; en RDC, un accord caché reste protégé

Kinshasa, 26 août 2025 – La Cour Suprême de l’Inde a frappé un grand coup : une enquête nationale est désormais ouverte sur le très controversé projet Vantara, financé par la Reliance Foundation du milliardaire Anant Ambani. Pendant ce temps, en République démocratique du Congo, un accord de coopération signé avec ce même projet reste caché, verrouillé, inaccessible — même aux ministères de tutelle.

Le 26 août 2025, la plus haute juridiction indienne a ordonné la mise en place d’une Special Investigation Team (SIT) dirigée par l’ancien juge de la Cour suprême Jasti Chelameswar.https://www.heraldgoa.in/globe/supreme-court-forms-sit-to-probe-functioning-of-anant-ambanis-vantara-project/426568 Ce comité d’enquête a reçu pour mission de faire toute la lumière sur de graves allégations visant Vantara : acquisition suspecte d’animaux sauvages, non-respect des lois de protection de la faune, trafic d’animaux, blanchiment d’argent, conditions de détention douteuses et soupçons de transformation d’un centre de réhabilitation en parc privé de luxe. Les autorités indiennes ont jugé suffisamment sérieuses les plaintes, pétitions citoyennes et révélations médiatiques pour lancer cette procédure judiciaire exceptionnelle.

Et en RDC ? Silence. Opacité. Complicité ? Un protocole d’accord aurait bel et bien été signé entre l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et Vantara tel que nous pouvons lire a travers ce lien https://thecsrjournal.in/corporate-social-responsibility-csr-news-vantara-organises-international-wildlife-welfare-training-for-congolese-delegates/. Pourtant, aucune copie n’a été rendue publique. Pire encore : les ministères directement concernés — Environnement, Finances, Affaires étrangères — déclarent ne pas disposer du document. Comment un tel accord, potentiellement engageant la souveraineté écologique de la République, peut-il être dissimulé aux institutions de l’État ? Qui protège qui ? Et pourquoi ?

Pendant que l’Inde ouvre une enquête sur les agissements de Vantara, la RDC ferme les yeux. Pourtant, des signaux inquiétants s’accumulent : des sources internes rapportent que des discussions ont été engagées autour du transfert potentiel d’animaux emblématiques comme les éléphants ou même l’okapi vers l’Inde. Est-ce cela, la nouvelle philanthropie internationale ? Une extraction organisée de notre faune sous couvert de sauvetage ? Où sont les études d’impact, les autorisations légales, les consultations des communautés locales, les validations CITES ? Ce qui se joue ici dépasse largement un simple désaccord administratif : il s’agit d’une forme contemporaine de prédation, déguisée en partenariat. Quand un pays aussi vaste et stratégique que la RDC permet à un projet aujourd’hui sous enquête internationale d’opérer dans l’ombre, cela pose une question centrale : à qui profite le silence ?

Certains sources proches du domaine de conservation pensent qu’il est inacceptable que l’ICCN, institution publique censée défendre le patrimoine naturel du congo, signe un protocole secret avec un acteur aujourd’hui accusé de graves infractions par son propre pays. Le fait que les ministères ne soient même pas au courant du contenu du MOU est non seulement un scandale administratif, mais une atteinte claire à l’autorité de l’État. Cela signifie que des fonctionnaires ou des responsables ont agi en dehors de tout cadre légal et institutionnel. L’affaire Mahadevi, en Inde, où un éléphant a été transféré dans des conditions troubles depuis un temple vers le parc de Vantara, a déclenché une tempête médiatique. Là-bas, la société civile s’est mobilisée. Ici, on étouffe. On laisse faire. On collabore.

Pour plusieurs militants en RDC ; l’heure n’est plus aux questions discrètes mais à la révolte publique. Où sont les députés ? Où sont les ONG environnementales ? Où sont les journalistes d’investigation ? Qui va se lever pour dire que la faune congolaise n’est pas à vendre ? Qui va exiger que ce MOU soit rendu public immédiatement, et que toute coopération avec Vantara soit suspendue jusqu’aux conclusions de l’enquête indienne ?

Ce qui est jugé assez grave pour être placé sous enquête judiciaire en Inde doit l’être aussi chez nous. certains congolais ami de la nature appellent à la mobilisation immédiate des forces vives de la Nation. Cette affaire n’est pas une affaire technique. C’est une crise morale, écologique, institutionnelle. La nature ne se négocie pas dans le secret. Elle ne s’offre pas à des milliardaires en mal de prestige.  »Ce n’est pas un zoo de luxe à ciel ouvert. C’est notre héritage, notre souveraineté, notre avenir ». disent ils.

Par kilalopress

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