Une lettre récemment adressée au Directeur Général de la SNEL, et qui circule dans l’administration publique, suscite une inquiétude majeure. Elle demande au pilier stratégique de l’électricité congolaise de verser une contribution mensuelle obligatoire au fonctionnement de l’Union sacrée de la Nation, incluant le rattrapage éventuel des arriérés. Les comptes bancaires précis et les noms des responsables cités dans le document donnent à cette missive un air de crédibilité, même si son authenticité reste à confirmer. À en croire certains observateurs, si cette lettre est réelle, elle représenterait une première forme de ponction directe d’une entreprise publique à des fins partisanes, posant des questions sérieuses sur la neutralité de l’État et l’usage des fonds publics.
Le contexte de la SNEL rend cette demande particulièrement alarmante. Selon des sources internes et des rapports officiels, l’entreprise publique connaît déjà de lourdes difficultés financières : 73 millions de dollars de pertes cumulées au premier trimestre 2025, dont près de 6 millions USD d’impayés mensuels de l’État, soit plus de 50 % de son budget d’investissement sur fonds propres. Les infrastructures vétustes, l’effondrement de la production du parc Sud à cause de digues dans les bassins versants de la Lufira et du Lualaba et la chute des recettes fragilisent une entreprise qui peine à maintenir un service minimal pour les Congolais. À en croire le Directeur Général, Fabrice Lusinde, les projets de modernisation, de rénovation des centrales, de digitalisation et de développement de parcs solaires sont freinés par le manque de moyens, malgré une volonté manifeste de redresser l’entreprise et de renforcer la souveraineté énergétique nationale.

Les conséquences d’un éventuel financement politique seraient directes et lourdes. Selon certains habitants de Kinshasa et des communes de Funa, les délestages déjà fréquents risqueraient de s’intensifier, tandis que le coût de l’électricité continuerait de peser sur les ménages. Chaque franc détourné vers des activités partisanes est un franc en moins pour la maintenance, l’amélioration de la desserte nationale et la transition énergétique, y compris le développement des énergies renouvelables. À en croire des experts du secteur, la combinaison des pertes, des impayés de l’État et d’une ponction politique pourrait menacer non seulement la viabilité financière de la SNEL, mais aussi la crédibilité de la RDC auprès des investisseurs et des bailleurs de fonds.
Au-delà de la finance, c’est la mission sociale et environnementale de l’entreprise qui est en jeu. L’urbanisation anarchique, la pollution des cours d’eau et l’absence d’une fiscalité énergétique incitative accentuent la vulnérabilité de la SNEL et l’impact sur les communautés. Détourner ses moyens au profit d’intérêts partisans compromet la souveraineté énergétique du pays, freine la transition écologique et pénalise directement les Congolais. Selon certains parlementaires et observateurs, la question n’est plus seulement technique ou financière : elle est politique, morale et sociale. La SNEL est un bien commun, socle de la souveraineté énergétique, et sa protection est indispensable pour garantir que la politique ne dévore pas l’intérêt général et que l’accès à l’électricité demeure un droit pour tous les Congolais.
Par kilalopress