RDC : reprise des exportations de cobalt jusqu’en mars 2026

La RDC a annoncé la reprise des expéditions de cobalt pour les quotas couvrant le quatrième trimestre 2025, jusqu’au 31 mars 2026. Cette décision vise à réguler l’approvisionnement mondial d’un métal stratégique pour l’industrie des véhicules électriques, après plusieurs mois d’interdiction d’exportation.

La République démocratique du Congo (RDC) s’apprête à rouvrir partiellement ses expéditions de cobalt, un métal stratégique pour l’industrie mondiale des véhicules électriques, après plusieurs mois de suspension. Selon un communiqué de l’Autorité de régulation congolaise du secteur minier (ARECOMS), les envois correspondant aux quotas fixés pour le quatrième trimestre 2025 pourront se poursuivre jusqu’au 31 mars 2026, prolongeant de fait une fenêtre d’exécution initiée dès octobre dernier.

La RDC demeure le pivot mondial du cobalt, représentant plus de 70 % de la production estimée à 280 000 tonnes. L’interdiction temporaire de l’exportation a eu des répercussions immédiates sur les marchés internationaux, faisant flamber les prix du métal et réduisant drastiquement sa disponibilité pour les constructeurs de véhicules électriques, qui dépendent de cette ressource pour accélérer la transition énergétique. D’après nos recoupements, cette tension sur l’approvisionnement a également ravivé les discussions sur la sécurisation et la traçabilité du cobalt extrait dans le pays.

Le nouveau système de quotas, lancé le 16 octobre, avait initialement fixé un contingent de 18 125 tonnes métriques pour les trois derniers mois de 2025 et prévoit de plafonner les exportations annuelles à 96 600 tonnes à partir de 2026. ARECOMS a précisé que les quotas déjà attribués pour la période allant du 16 octobre au 31 décembre 2025 « restent exécutables » jusqu’à fin mars 2026, offrant aux opérateurs miniers une marge de manœuvre prolongée avant l’entrée en vigueur du nouveau régime annuel.

Les grandes entreprises du secteur, en particulier le groupe chinois CMOC et le suisse Glencore, bénéficient des allocations les plus importantes. CMOC se voit attribuer un quota de 6 650 tonnes, tandis que Glencore pourra exporter 3 925 tonnes. Des sources du secteur indiquent que Glencore devrait être le premier à tester le système, et que les autorités congolaises ont commencé à collecter des échantillons en vue du premier envoi de CMOC.

Par ailleurs, ARECOMS a signalé qu’elle examinerait toute demande de modification des quotas, sans préciser si de telles requêtes avaient été soumises. Cette disposition pourrait offrir une flexibilité aux producteurs tout en soulevant des interrogations sur la transparence et l’équité de l’allocation des quotas, un point sensible dans un contexte où le cobalt congolais alimente directement les chaînes d’approvisionnement mondiales.

À Kinshasa comme sur les sites miniers, observateurs et acteurs locaux estiment que la gestion des quotas et la régulation de l’exportation de cobalt ne se limitent pas à des chiffres : elles ont un impact direct sur les communautés minières, sur l’économie nationale et sur la perception internationale de la RDC comme fournisseur fiable de métaux stratégiques. Les prochains mois seront ainsi déterminants pour évaluer l’efficacité d’un dispositif qui cherche à concilier contrôle étatique, besoins industriels mondiaux et développement local.

Par kilalopress

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