Lors d’une interview accordée à kilalopress ce mardi 26 mars 2024, Monsieur William Ikolo, assistant principal de Madame Stéphanie Mbombo, envoyée spéciale du Président de la République démocratique du Congo pour la Nouvelle Économie du Climat, a mis en lumière l’importance du crédit carbone dans le contexte de la RDC.
Monsieur William Ikolo a expliqué en détail le mécanisme du crédit carbone, soulignant son rôle mondial de financement associé à l’évitement et au retrait du CO2 de l’atmosphère. Il a mis en avant la capacité de la RDC à retirer une quantité significative de CO2 de l’atmosphère grâce à ses vastes étendues forestières, ce qui positionne le pays de manière favorable sur le marché du crédit carbone. » Le crédit carbone est un mécanisme novateur qui nécessite une explication approfondie pour être pleinement compris. Il s’agit d’un mécanisme mondial de financement qui atteste qu’une tonne de CO2, un gaz à effet de serre contribuant au réchauffement climatique, a été évitée ou retirée de l’atmosphère. »
- Évitement : une entreprise, grâce à des technologies propres, aurait pu éviter de rejeter une tonne de CO2 dans l’atmosphère lors de sa production, ou aurait simplement retiré une tonne de CO2.
- Retrait : le CO2 peut être retiré de l’atmosphère de manière naturelle par des moyens tels que les forêts, les océans, les tourbières, ou de manière artificielle par des technologies scientifiques, telles que des dispositifs spécifiques qui capturent le CO2.

Ce mécanisme mondial unique, en conformité avec les accords de Paris, permet de valoriser la tonne de CO2 évitée ou retirée de l’atmosphère. La République démocratique du Congo (RDC), dotée de vastes étendues forestières et d’une capacité de séquestration de CO2 importante, a ainsi la possibilité de retirer une quantité significative de CO2 de l’atmosphère. C’est pourquoi le marché du crédit carbone présente un intérêt considérable pour la RDC.
La déclaration relative à l’allocation de fonds pour la nouvelle économie du climat en République Démocratique du Congo (RDC) peut être corrigée de la manière suivante, en évitant les répétitions :
Au cours de la COP 28 (Conférence des Parties des Nations Unies pour le Climat) à Dubai, un montant de 62 000 000 $ a été négocié et alloué dans le cadre du FCSRPI (Fonds de Partenariat pour la Nouvelle Économie du Climat) pour la RDC en raison de sa contribution à l’évitement et à la séquestration du CO2.
Le FCSRPI réunit les pays leaders en matière de forêt et de climat, et vise à soutenir la transition vers une économie bas-carbone en favorisant la transparence et l’équité dans la répartition des bénéfices.
- Le fonds doit prioritairement servir à établir un cadre permettant à la RDC de vendre ses crédits carbone de manière transparente, tout en favorisant le développement à la base.
- Il est crucial de souligner que le gouvernement congolais n’a pas encore perçu le fonds, mais un accord de principe a été établi pour son allocation.
Selon Monsieur William Ikolo » Le Président de la République a défini trois critères principaux pour l’exécution du fonds :
- Consultation approfondie avec les partenaires.
- Transparence totale dans l’utilisation des fonds.
- Efficacité pour impulser des projets d’envergure visant à améliorer la vie des Congolais.
Il a été convenu lors des consultations avec les partenaires que les fonds seront principalement utilisés pour développer l’infrastructure nécessaire à la commercialisation des crédits carbone en RDC, notamment le registre carbone et les études topographiques. »
Tout d’abord, il est essentiel de résoudre les problèmes techniques, notamment en ce qui concerne le cadre légal. Pour que le marché du commerce extérieur des crédits carbone soit attractif pour les investisseurs étrangers, il est impératif d’établir un cadre légal précis en matière de droits.
Ce cadre légal découle de la volonté politique, qui a malheureusement fait défaut pendant de nombreuses années. C’est la volonté politique, démontrée par Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, président de la République, qui a impulsé un réel changement et a permis à la RDC de rayonner sur la scène internationale dans le domaine climatique.Ce cadre légal découle de la volonté politique, qui a malheureusement fait défaut pendant de nombreuses années. C’est la volonté politique, démontrée par Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, président de la République, qui a impulsé un réel changement et a permis à la RDC de rayonner sur la scène internationale dans le domaine climatique.
Il est crucial de comprendre l’importance du marché du carbone. D’ici à 2030, ce marché a le potentiel de générer des revenus considérables, comparables à ceux du marché du cuivre. Si nous n’instaurons pas le cadre adéquat pour tirer parti de ce marché, nous risquons de laisser passer cette opportunité au profit d’autres pays. C’est pourquoi je salue la volonté politique du chef de l’État, qui met en place les moyens nécessaires pour que l’économie du carbone contribue véritablement au développement durable de la RDC.
Le montant actuel de 62 000 000 $ n’est qu’une première étape d’un partenariat plus vaste. Il sera principalement dédié à la mise en place du cadre nécessaire au développement du crédit carbone. Cela permettra à la nouvelle économie climatique de prendre réellement de l’ampleur en RDC, profitant à tous sur les plans climatique et de développement. Cette économie présente l’avantage d’être véritablement gagnant-gagnant : en échange des crédits carbone de nos forêts, nous proposons à d’autres pays de contribuer au développement de routes, d’infrastructures et d’énergies renouvelables, créant ainsi un développement harmonieux et durable, bénéfique pour tous.

Comme la plupart des marchés, le crédit carbone exige d’importants investissements, notamment dans les analyses topographiques et de sol. Il est crucial de comprendre que la vente de crédits carbone ne peut se faire sans apporter des preuves tangibles de notre capacité à séquestrer le CO2. Cela nécessite des investissements considérables, chiffrés en millions de dollars. Il est donc essentiel de sensibiliser sur la réalité scientifique et économique de cette nouvelle économie.
L’organisation en 2023 du forum économique pour la nouvelle économie climatique par l’envoyée spéciale du chef de l’État, Madame Stéphanie Mbombo, ayant réuni différents acteurs, souligne l’importance de cette économie émergente. Il est crucial de divulguer ces informations, d’où la projection d’organisation en juillet 2024 d’une conférence pour lier le secteur minier et les énergies renouvelables à cette nouvelle économie climatique. Cette connexion revêt un intérêt particulier pour l’économie de la RDC, largement basée sur le secteur minier.
William Ikolo a expliqué que le mécanisme du crédit carbone est par nature transparent et quasiment inviolable, en raison des dispositions de l’Accord de Paris, notamment les articles 6.2 et 2.4. En tant que signataires de cet accord, nous nous engageons à respecter ces dispositions. Ainsi, tout détournement est pratiquement impossible dans le cadre de notre contribution nationale.
L’envoyé spécial du Chef de l’État Madame stephanie MBOMBO communique régulièrement sur l’état d’avancement de l’exécution des fonds, démontrant ainsi l’engagement envers une gestion concertée et transparente de ces ressources.
Par Franck zongwe lukama