Kinshasa, octobre 2025 — Le secteur pétrolier congolais traverse une zone de turbulences. Une correspondance adressée récemment aux autorités du pays par un groupe d’opérateurs pétroliers met en cause la gouvernance du ministère d’État en charge des Hydrocarbures, dirigé par Mme Acacia Bandubola. Les signataires y dénoncent une série de pratiques qu’ils jugent « contraires aux principes de transparence et d’intégrité » dans un domaine aussi stratégique que celui des ressources énergétiques.
Selon cette correspondance, dont KilaloPress a pu consulter des extraits, plusieurs opérateurs se disent préoccupés par la multiplication de « signaux d’alarme » depuis l’arrivée de la ministre à la tête du ministère. Ils évoquent des cas présumés de corruption, des pratiques administratives arbitraires et une gestion jugée opaque des dossiers pétroliers. Les pétroliers pointent notamment la nomination d’Herman Mbonyo comme directeur de cabinet, une décision qu’ils jugent controversée au regard de son passé dans la gestion publique.
Certaines sources du secteur affirment que les investisseurs se verraient désormais contraints de verser des sommes indues pour obtenir l’approbation de leurs dossiers ou l’autorisation de livraison au port de Banana. Des accusations graves que les pétroliers associent à un climat de méfiance grandissant et à une perte de crédibilité du ministère.
Mais du côté du cabinet des Hydrocarbures, ces allégations sont catégoriquement rejetées. « Ceux qui lancent ces accusations sont des opérateurs dérangés par la rigueur et la discipline que la ministre a instaurées », confie à nos confreres de Scoop RDC . « Ils étaient habitués à un désordre généralisé et refusent aujourd’hui de s’adapter à la transparence que nous imposons. »
Ces échanges de reproches illustrent la fragilité d’un secteur déjà miné par la défiance. Au-delà des accusations et des démentis, une question essentielle demeure : comment garantir une gouvernance pétrolière à la fois rigoureuse et transparente, sans compromettre l’intégrité des institutions ni la confiance des investisseurs ? Dans un pays où le pétrole représente un levier stratégique pour la stabilité énergétique et les recettes publiques, l’urgence est d’éviter que les querelles internes ne se transforment en crises structurelles. Entre accusations de concussion et défense de la rigueur administrative, la ligne est mince, et la République démocratique du Congo ne peut se permettre une nouvelle controverse dans un secteur déjà sensible.
Par kilalopress