Dans un contexte marqué par l’insécurité persistante et les déplacements de populations à l’Est de la République démocratique du Congo, une coopérative féminine engagée dans l’agroécologie vient de lancer avec succès la récolte de ses champs de riz et de maïs. Appuyée par la Congo Basin Conservation Society (CBCS-Network), cette initiative locale illustre le rôle stratégique de l’agriculture durable dans la résilience des communautés affectées par les conflits armés.
Sur leurs parcelles, les femmes de la coopérative affichent leur satisfaction face aux rendements obtenus. Pour elles, ces récoltes ne représentent pas seulement une source de nourriture, mais aussi une réponse concrète à l’incertitude provoquée par la guerre. « Tant que nous avons accès aux semences locales, les effets du conflit seront limités sur nos familles », confient plusieurs membres, convaincues que l’autonomie semencière constitue un rempart face aux crises sécuritaires et économiques.
Au cœur de cette dynamique, les banques de semences communautaires jouent un rôle central. Un choix stratégique a été fait par la majorité des femmes : stocker et gérer ces semences en milieu forestier plutôt qu’au sein des villages. Cette décision vise à réduire les risques de pillage, de destruction ou de perte liés aux affrontements armés, tout en renforçant la capacité d’adaptation face aux aléas climatiques. Pour les actrices du projet, il s’agit d’une approche pragmatique, adaptée à un territoire où la sécurité reste fragile.

Au-delà de la production agricole, l’agroécologie est perçue comme un outil de paix, de cohabitation et de cohésion sociale. En favorisant le travail collectif, le partage des savoirs paysans et la gestion commune des ressources naturelles, la coopérative contribue à retisser des liens entre les communautés villageoises. Dans une région souvent fragmentée par les conflits armés, ces pratiques participatives participent à la reconstruction du tissu social.
La Congo Basin Conservation Society (CBCS-Network) et ses partenaires saluent cette avancée, qu’ils considèrent comme un signal fort d’espoir pour la reprise socio-bioéconomique de l’Est de la RDC. Ils remercient les partenaires qui continuent de leur faire confiance et de soutenir la transition agroécologique, malgré un contexte sécuritaire complexe et instable.
À travers cette expérience, l’agroécologie s’affirme non seulement comme une réponse aux défis alimentaires et climatiques, mais aussi comme un levier concret de résilience, de paix et de reconstruction durable pour les communautés de l’Est de la République démocratique du Congo.
Par kilalopress