Le paysage administratif de l’environnement en République démocratique du Congo connaît une réorganisation majeure depuis la publication de l’Ordonnance n°24/020 du 22 mars 2024, nommant les nouveaux Secrétaires Généraux de l’Administration Publique. Cette décision, inscrite dans le cadre du Décret n°24/11 du 17 février 2024 relatif à la carrière des agents de l’État et confortée par l’Arrêté Ministériel n°123/CAB.VPMIN/FP-MA-ISP/JPL/2022, reflète une volonté affichée de renouvellement et de rationalisation au sein des structures publiques.
À la tête du Secrétariat à l’Environnement, au Développement Durable et à la Nouvelle Économie du Climat, MBANGU KIKUMBI PASCALINE prend désormais les rênes de l’administration. Ancienne directrice de la DAS (Direction de l’Assainissement), elle était jusqu’ici Secrétaire Générale à la Pêche et à l’Élevage. Elle succède à Benjamin TOIRAMBE BAMONINGA, récemment nommé à l’Agriculture. Selon l’Arrêté http://Arrêté Mise en place SG 2026.pdf, cette rotation vise à « insuffler un nouveau dynamisme à l’administration publique et à valoriser les compétences dans un contexte de performance, d’intégrité et de redevabilité ».
Pour certains observateurs du secteur forestier et environnemental, le départ de M. Toirambe suscite un mélange d’émotions. « Je reconnais ses compétences techniques, mais dans l’exercice quotidien, il a souvent été perçu comme sélectif et peu attentif aux propositions des agents de terrain », confie un acteur forestier sous couvert d’anonymat. Ce point de vue est partagé par plusieurs collègues qui estiment que cette transition pourrait ouvrir la porte à une approche plus inclusive et réactive face aux défis environnementaux persistants, notamment la gestion des forêts, la protection de la biodiversité et la lutte contre les exploitations illégales.
D’autres voix, bien que minoritaires, regrettent le départ de M. Toirambe. « C’est un technocrate forestier reconnu, et sa connaissance du secteur ne sera pas facile à remplacer », souligne un agent de l’administration environnementale. Cependant, à en croire plusieurs sources internes, l’enthousiasme prédomine parmi ceux qui espèrent voir émerger une gestion plus dynamique et moins hiérarchique. « Avec cette nomination, nous avons l’espoir d’une administration plus accessible, plus proche du terrain et capable de soutenir les initiatives locales », confie un acteur de la societe civile de kinshasa.
Les implications de ce changement dépassent le simple cadre administratif. Dans un pays où les politiques environnementales sont souvent confrontées à des limites de coordination et à un déficit de suivi, chaque nomination stratégique est scrutée pour son potentiel à influencer la protection des ressources naturelles et la résilience des communautés locales. Le défi pour Mme MBANGU sera donc double : assurer une continuité institutionnelle tout en insufflant une vision renouvelée adaptée aux exigences de la transition écologique et climatique.
À Kinshasa comme dans les provinces, cette rotation administrative s’inscrit dans un contexte de rationalisation plus large des cadres et structures publiques, visant à améliorer la transparence, l’efficacité et la redevabilité de l’action de l’État. Si le temps seul dira si cette nomination marque un tournant réel, le signal envoyé aux acteurs du secteur est clair : la gouvernance environnementale en RDC est en mutation, et la gestion des enjeux climatiques et forestiers nécessite désormais une attention renouvelée, combinant expertise technique et sensibilité aux réalités locales.
Par kilalopress