RDC : Atelier sous régional de pré validation du document de référentiel sous régional sur les droits des peuples autochtones et la Conservation

Kinshasa, 29 avril 2024 – Le Réseau des Populations Autochtones et Locales pour la Gestion Durable des Ecosystèmes Forestiers d’Afrique Centrale (REPALEAC) a organisé un atelier de prévalidation du document de référence et des directives opérationnelles sous-régionales sur les aires protégées et les droits des peuples autochtones en Afrique centrale. 

En partenariat avec l’Initiative des Peuples Autochtones et Communautés Locales (IPACC), cet événement a réuni des acteurs clés pour discuter de l’importance de renforcer les droits des communautés locales et autochtones dans le bassin du Congo.

L’atelier, présidé par Joseph Itongwa, coordinateur régional du REPALEAC, s’inscrit dans le cadre du projet « Due Diligence sur les droits humains dans le bassin du Congo ». Ce projet vise à améliorer les droits des personnes autochtones et des communautés locales à l’intérieur et aux alentours des aires protégées, et est mené par le REPEALEAC et l’IPACC avec le soutien financier du WWF en Afrique centrale.

Selon Monsieur Joseph Itongwa, expert congolais, l’objectif principal de cet atelier était de valider le travail accompli et d’identifier les cadres sous-régionaux d’appropriation, tout en renforçant la reconnaissance des droits des communautés locales et autochtones, en particulier dans et autour des aires protégées du bassin du Congo. » Ça ne sert à rien de rester à crier qu’on a volé le droit des peuples autochtones dans le LOBEKO, dans le parc de Kahuzi-Biega. Oui, c’est bien de crier et de dénoncer, mais jusqu’à quand ? Il faut qu’on ait un outil. Désormais, si nous voulons créer une aire protégée, voilà les conditions que nous voulons. Parce que souvent, quand nous sommes avec les gestionnaires des aires protégées, ils nous disent que nous ne faisons que crier, mais est-ce que vous pouvez nous donner des orientations ? Pour que désormais, s’il y a une aire protégée, voilà ce qu’il faut faire. Comment devons-nous impliquer les peuples autochtones ? Comment devons-nous les consulter ? Comment devons-nous tenir compte de leur culture et de leur mode de vie dans la gestion des aires protégées ? Qu’est-ce que nous voulons ? Et ils ont dit, voilà, nous vous donnons l’occasion de proposer les principes, c’est comme la sauvegarde des peuples autochtones dans les aires protégées. Et nous, le REPALEAC, nous voulons vraiment travailler au niveau sous-régional pour que les États adhèrent à cela et que cela soit décliné au niveau des pays. »

Le projet, initialement prévu pour une durée de trois ans (2021-2023), a été prolongé jusqu’en avril 2024. Il vise à renforcer les droits des populations autochtones et locales à l’intérieur et autour de trois aires protégées du bassin du Congo, tout en assurant le fonctionnement d’un mécanisme de plainte pour promouvoir la relation entre les initiatives de conservation et les populations autochtones.

Après plusieurs heures de réflexion et d’échanges fructueux, Joseph Mougou, le consultant international ayant travaillé sur l’élaboration du document référentiel sous l’accompagnement d’un expert congolais du REPALEAC, a expliqué les démarches ayant concouru à l’aboutissement du document référentiel ainsi que son importance pour les peuples autochtones des États des pays de l’Afrique centrale. » »Le peuple autochtone est constitué de communautés vivant en forêt, et pour la conservation des aires protégées en Afrique centrale, des engagements ont été pris par les différents États. Parmi ces engagements, il est question de prendre en compte les droits des communautés locales et des peuples autochtones. Il est important que les différents États respectent les engagements qu’ils ont pris dans le cadre du traité sur la conservation et la gestion durable des ressources. Ainsi, il est essentiel de rédiger un référentiel sur la gestion des aires protégées afin de déterminer les éléments à considérer pour gérer les aires protégées en Afrique centrale tout en tenant compte des droits des peuples autochtones. Ce document draft présenté aujourd’hui a nécessité une analyse de la situation dans trois pays d’Afrique centrale, à savoir le Cameroun, la République centrafricaine et la République démocratique du Congo, afin d’observer comment la création des aires protégées se déroule dans ces différents pays, les modes de gestion des espaces des aires protégées, les conflits homme-faune qui surviennent après l’érection de l’aire protégée, les mécanismes de plainte, les mécanismes de partage des bénéfices de la conservation, etc. Il s’agit d’examiner tous ces aspects pour déterminer les bonnes méthodes, les meilleures pratiques permettant aux peuples autochtones d’être formellement impliqués dans la gestion des aires protégées. »

Dans son mot de clôture, Monsieur Keddy BOSULU MOLA, coordonnateur National de REPALEF-RDC , a souligné que le document référentiel servira de guide pour la reconnaissance des droits des peuples autochtones, leurs devoirs et obligations au sein d’une aire protégée. Il a également précisé que ce document sera partagé et vulgarisé pour aider les gestionnaires de parcs à comprendre leur rôle et responsabilité dans la gestion des aires protégées, renforçant ainsi la cohésion sociale et la cogestion des aires protégées. » »Selon ce document qui est à la base de nos réflexions aujourd’hui, il va servir de guide pour la reconnaissance des droits des peuples autochtones, ainsi que des devoirs et obligations à respecter au sein d’une aire protégée. Ce document draft de référentiel a également pour rôle d’aider les gestionnaires de parcs à comprendre ce qu’ils doivent faire en faveur des communautés locales et de la population autochtone. Une fois validé, ce référentiel sera partagé, vulgarisé et servira aux gestionnaires de parc à comprendre leur rôle et responsabilité par rapport à la gestion. Ainsi, c’est un document très intéressant au vu de son importance, car il renforce la cohésion sociale et la cogestion d’une aire protégée. Cela permettra aux communautés de participer à la gestion d’une aire protégée de manière durable. Voilà l’idée de ce cadre de réflexion aujourd’hui. »

En termes de recommandations, plusieurs axes ont été formulés par les parties prenantes et les associations de peuples autochtones ayant participé à cet atelier, notamment :Développer les outils et procédures standards de gestion des plaintes applicables aux aires protégées en Afrique centrale.Intégrer le mécanisme de gestion des plaintes dans la gestion et le fonctionnement des aires protégées.Intégrer le financement du mécanisme de gestion des plaintes dans le budget de gestion des aires protégées.Établir des connexions formelles avec l’administration de la justice et les centres des droits de l’homme.

Cet atelier de prévalidation a mis en lumière les efforts déployés pour renforcer les droits des populations autochtones et locales dans le bassin du Congo. Il a souligné l’importance du travail de plaidoyer et d’engagement régional dans la promotion des droits fondamentaux des communautés autochtones et locales. Il marque une étape cruciale dans la mise en œuvre du projet « Due Diligence en matière de droits humains dans le bassin du Congo », démontrant l’engagement continu du REPALEAC, de l’IPACC sous appuis financier du WWF en faveur de la protection des droits des peuples autochtones et des communautés locales dans la région.

Par Franck zongwe lukama

Un commentaire sur « RDC : Atelier sous régional de pré validation du document de référentiel sous régional sur les droits des peuples autochtones et la Conservation »

  1. Merci beaucoup pour l’article et je vous félicite. Sinon il y a des choses a précisé notamment :
    – le travail du consultant régional a été appuyé par le 3 consultant nationaux PAP, dont Mr Venent Messe du Cameroun’, Mr Simplice Kozo de la RCA et Mr Rigobert MOLA de la RDC.
    Cette aspect des choses n’est pas bien ressorti dans l’article.
    – je vais partager avec toi la parti des recommandations des participants pour voir si ça sera possible de l’intégrer dans l’article.
    Merci beaucoup

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *