RDC : 91 millions de dollars en péril, Benjamin Toirambe jouerait-il contre l’avenir de la RDC ?

La République Démocratique du Congo (RDC) se trouve dans une situation préoccupante, avec près de 91 millions de dollars destinés à des projets environnementaux suspendus. Au centre de cette crise, Benjamin Toirambe Bamoninga, Secrétaire Général à l’Environnement et Développement Durable, et Point Focal opérationnel du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM). Ce blocage soulève des interrogations sur la gestion des fonds, la transparence du gouvernement et les pratiques administratives en place. Mais ce qui frappe particulièrement, c’est l’attitude de Toirambe, qui semble déterminé à empêcher toute avancée dans ce dossier, même au prix de relations tendues avec les partenaires internationaux.

Le FEM, un acteur clé pour le financement de projets environnementaux dans les pays en développement, a alloué des fonds conséquents à la RDC. Un total de 61,6 millions de dollars a été attribué à 16 projets nationaux, tandis que 29,4 millions de dollars sont réservés pour lehuitième cycle de reconstitution actuellement en cours. Ces financements avaient pour objectif de soutenir des projets dans des domaines essentiels tels que la conservation de la biodiversité, la lutte contre les effets néfastes des changements climatiques et la restauration des paysages dégradés. Cependant, selon les allégations de certains acteurs du secteur, ces fonds restent bloqués, et l’accès à ces ressources vitales est freiné par des décisions administratives, principalement sous la responsabilité de M. Benjamin Toirambe. Le fait que des financements si importants pour le développement durable de la RDC soient paralysés soulève des préoccupations, non seulement sur la capacité à gérer ces fonds, mais aussi sur les raisons de ce blocage.

Les partenaires internationaux, responsables du financement de ces projets, ont exprimé leurs frustrations face à l’attitude de Benjamin Toirambe. A en croire plusieurs sources proches du dossier, Toirambe aurait délibérément ignoré ou boycotté les communications par e-mail, rendant toute discussion ou négociation autour du déblocage des fonds presque impossible. Cette attitude semble s’accompagner d’une absence systématique à des réunions avec les partenaires, qui étaient pourtant censées permettre de clarifier les enjeux et d’avancer vers la mise en œuvre des projets. Dans un souci de transparence, la rédaction de Kilalopress a tenté de contacter Monsieur Benjamin Toirambe afin de lui donner l’opportunité de présenter sa version des faits concernant ces accusations de blocage. Cependant, aucune réponse n’a été obtenue de sa part.

Cette absence de coopération avec les partenaires et les tentatives de bloquer toute discussion sur les financements soulèvent des questions sur les motivations réelles de M. Toirambe. Il est difficile de comprendre pourquoi un haut fonctionnaire en charge de gérer les opérations relatives au financement de projets aussi indispensables pour le pays refuserait de dialoguer avec les acteurs internationaux, alors même que des millions de dollars en faveur du pays sont en jeu.

Selon des analystes, ce comportement pourrait s’expliquer par un manque de maîtrise des mécanismes du FEM. Toirambe pourrait aujourd’hui se retrouver dans une position inconfortable, où son manque d’expérience et de compréhension des processus du FEM entrave l’accès aux financements. Toutefois, d’autres hypothèses circulent, suggérant que ce blocage pourrait être dû à des raisons plus personnelles ou stratégiques. Certains observateurs suggèrent que Toirambe pourrait être intéressé par une part des financements, ou qu’il pourrait chercher à manipuler la situation pour des bénéfices personnels. Si ces accusations s’avéraient fondées, cela signifierait qu’il bloquait délibérément l’accès aux fonds dans l’espoir d’en tirer un profit direct, une hypothèse qui, une fois confirmée, serait particulièrement grave.

Il est également possible que le blocage des fonds soit en partie lié à un héritage de mauvaise gestion de la part de son prédécesseur, M. Katsuva, ancien  Secrétaire Général à l’Environnement et Développement Durable, ainsi que de Godefroid NDAUKILA, ex Directeur-Chef de Service du Développement Durable (DDD) et actuel Directeur-Chef de Service de l’Assainissement. Katsuva et Ndaukila avaient fait l’objet de critiques pour  leurs pratiques opaques et  leur gestion jugée inefficace. Mais il fut aussi reproché à Katsuva et Ndaukila d’avoir marchandé certains projets, mettant en place des arrangements qui auraient favorisé des intérêts privés ou des relations clientélistes, au détriment de la transparence, de l’efficacité, de l’efficience et de l’impact réel de l’utilisation des fonds. Benjamin Toirambe avait alors été nommé pour rectifier cette situation, en apportant, selon certains, plus de rigueur, de célérité, d’objectivité et de clarté. Cependant, à ce jour, son incapacité à débloquer les fonds soulève des doutes sur sa capacité à améliorer cette gestion et à se démarquer des pratiques opaques jadis décriées et dénoncées.

Face à cette situation, les partenaires internationaux commencent à exprimer de plus en plus d’inquiétudes. Ils réclament une intervention directe des hautes autorités de l’État congolais, notamment Mme Eve BAZAIBA MASUDI, Ministre d’Etat, Ministre de l’Environnement et Développement Durable, Ils réclament une intervention directe des plus hautes autorités de l’État congolais, notamment Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République, pour suivre de près ce dossier. Il apparaît clairement que l’inaction des autorités congolaises pourrait avoir des conséquences gravissimes sur les projets et les financements du FEM, et certains estiment que la RDC qui se considère comme étant pays Solution pour les changements climatiques et l’érosion de la biodiversité, pourrait perdre une opportunité capitale si ce blocage perdure.

Etant donné que plusieurs pays pourtant éligibles n’ont pas accès aux financements du FEM, l’ironie du sort est de voir que la RDC qui y a accès est en voie de laisser s’évader cette opportunité. Les partenaires appellent à une intervention du gouvernement pour éclaircir la situation,  afin de pousser M. Toirambe  à prendre des mesures nécessaires pour débloquer ces fonds et enclencher le processus de mise en œuvre pour le bien de la nature et des communautés. Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle pourrait ternir l’image du gouvernement congolais vis-à-vis de la communauté internationale, qui attend des résultats concrets et une gestion rigoureuse des ressources allouées à la RDC.

Pour d’autres acteurs encore, la faiblesse de ce mécanisme dont l’aval de validation ou de financement des projets dépend d’un seul agent public (point-focal des institutions de financement climatique) sans mandat électif ni contrainte de recevabilité, etc… C’est un pouvoir exorbitant qui ne peut pas être à la main d’un seul individu. Reste à améliorer ce mécanisme de financement par un panel de plusieurs cadres et responsables publics doté d’un mécanisme anti-fraude et éthique.

Le blocage des fonds représente un retard qui pourrait avoir des conséquences durables, mettant ainsi en péril la mise en oeuvre du Cadre mondial de la biodiversité Kunming-Montréal, et des Stratégie et Plan d’Actions Nationaux de la Biodiversité (SPANB) en cours de mise à jour. Ces fonds sont vitaux pour les projets environnementaux en RDC, mais aussi pour le développement durable du pays. Si Benjamin Toirambe persiste dans son comportement, la RDC pourrait perdre une occasion en or de prouver son efficacité et sa volonté de quitter l’aide publique au développement pour aller vers le partenariat gagnant-gagnant. Les projets en question risquent de ne jamais voir le jour, et la RDC pourrait se retrouver dans une position où elle perdra non seulement les financements actuels, mais aussi la confiance des partenaires internationaux.

Il est impératif que des actions immédiates soient prises pour clarifier la situation, débloquer ces fonds et permettre à la RDC de mettre en œuvre les projets auxquels ces financements sont destinés.Le gouvernement se doit donc de suivre de près ce dossier et garantir que l’intérêt du pays et la protection de ses ressources environnementales passent avant toute autre considération. 

Par Kilalopress

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