Kasaï-Oriental : La MIBA défie l’autorité de l’État et refuse la suspension de son DG. Le chaos s’installe dans l’une des plus grandes entreprises minières du pays !

Le Kasaï-Oriental est en effervescence depuis le 27 novembre dernier, lorsque le Conseil d’administration de la MIBA (Société Minière de Bakwanga) a suspendu André Kabanda Kana, son directeur général. Ce dernier, qui a dirigé la société pendant plusieurs années, se trouve désormais au cœur d’un bras de fer contre l’autorité légitime du pays et l’État congolais. Mais ce n’est pas tout : dans un communiqué déconcertant qui défie toute logique institutionnelle, la direction de la MIBA déclare que cette suspension serait « illégale » et a des allures de scandale orchestré contre l’homme à la tête de l’entreprise.

Dans cette déclaration incendiaire, la MIBA s’attaque violemment à la décision du Conseil d’administration, affirmant que la nomination d’un directeur général intérimaire serait non seulement illégale, mais surtout contraire aux statuts de la société. André Kabanda Kana et ses partisans vont jusqu’à affirmer que cette mesure « viole les statuts de la MIBA » en nommant un remplaçant sans l’accord préalable de l’État congolais. Une situation à couper le souffle qui démontre l’improvisation et le manque de sérieux dans la gestion de l’entreprise publique.

À travers ce communiqué, la MIBA ne se contente pas de défendre son DG suspendu, elle attaque aussi tous ceux qui se sont attaqués à son image. Selon la direction, une « campagne médiatique de diabolisation » aurait été lancée, visant à ternir l’image de l’ADG et à perturber les efforts de relance de l’entreprise. Mais qu’en est-il vraiment ? Les accusations de mégestion, de malversations financières, et de substitution de diamants qui pèsent sur André Kabanda sont-elles aussi fictives qu’elles le prétendent ? Le timing de la communication de la MIBA semble en tout cas suspect. Tandis que les plaintes pour mauvaise gestion se multiplient dans les coulisses, certains se demandent si l’entreprise n’essaie pas de créer un écran de fumée pour masquer des pratiques douteuses. Si la MIBA se dit préoccupée par la « transparence et la bonne gouvernance », force est de constater que le peuple congolais a depuis longtemps été témoin des scandales successifs entourant la gestion des ressources minières du pays.

La question qui se pose aujourd’hui : qui a vraiment intérêt à maintenir André Kabanda à son poste ? Faut-il croire cette version selon laquelle le DG de la MIBA serait le sauveur de l’entreprise, l’homme qui redonnerait une chance à une société en crise depuis des années ? Ou bien devons-nous accepter l’idée que ses actions, qui sont aujourd’hui sur le banc des accusés, sont les signes évidents d’une gestion calamiteuse ? La suspension d’un directeur général d’une entreprise publique n’est-elle pas la réponse à des dysfonctionnements graves au sein de cette société minière ? Et si cette décision était, au contraire, un acte salutaire pour éviter la ruine totale de la MIBA et des centaines d’emplois ?

Les membres du Conseil d’administration, en prenant cette décision, n’ont-ils pas voulu simplement sauvegarder l’intérêt public, face à une gestion contestée depuis trop longtemps ? Cette crise au sein de la MIBA n’est que la partie émergée de l’iceberg. La société minière, un fleuron de l’économie nationale, est aujourd’hui le symbole d’un système qui dysfonctionne à tous les niveaux. Les scandales de mauvaise gestion, les accusations de corruption et de malversations sont légion. La question qui brûle les lèvres de nombreux Congolais : cette bataille interne à la MIBA reflète-t-elle les luttes de pouvoir au sein du gouvernement ? Les mêmes qui parlent de relance de la MIBA et de réformes ne sont-ils pas les premiers à saboter leurs propres efforts dans un jeu d’intérêt personnel et de prévarication ?

Les Congolais en ont assez de voir ces querelles de pouvoir qui, à chaque fois, conduisent à un retard encore plus grand dans le développement du pays. Le peuple attend des résultats, pas des batailles de clochers qui n’aboutissent qu’à des décisions cyniques et désastreuses pour l’économie. La MIBA, c’est le miroir de l’État congolais : une entreprise minée par des conflits internes, une gestion floue et une gouvernance contestée. En attendant de savoir qui aura le dernier mot dans ce feuilleton, les Congolais, eux, risquent de continuer à payer les pots cassés de cette guerre fratricide.

Par kilalopress

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *