Kinshasa, DRC – la banque de développement allemande KfW a consacré 20 millions d’euros (22,1 millions de dollars) à la modernisation et à la digitalisation de la sous-station des centrales hydroélectriques Inga I et II. Ce projet, soutenu par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), vise à optimiser l’exploitation de l’énergie produite par le puissant fleuve Congo, tout en assurant une distribution plus stable et efficace.
Les centrales Inga I et II, dotées d’une capacité installée dépassant 1,7 GW, représentent 90 % de l’électricité consommée à Kinshasa. Pourtant, malgré leur potentiel, la sous-station qui dessert ces installations était vétuste, limitant l’utilisation optimale de l’énergie produite. La modernisation, qui a été effectuée par phases en raison de la nécessité de maintenir l’opération des installations, a été entravée par des restrictions dues à la pandémie de COVID-19. Cependant, l’intégration des quatre unités de production a été finalisée avec succès cette année, marquant une avancée majeure.
L’électricité en République Démocratique du Congo reste un luxe inaccessibile pour la majorité de la population : moins d’une personne sur cinq bénéficie d’une connexion électrique, laissant 16 millions de foyers à la merci de générateurs diesel coûteux ou complètement privés de courant. La modernisation de la sous-station vise à changer cette dynamique, avec l’objectif de fournir une électricité fiable aux entreprises et aux ménages. Selon Markus Schlömann, représentant de KfW, « la distribution d’électricité est souvent sous-estimée, mais elle est tout aussi cruciale que la production elle-même ».
L’ambition de ce projet va au-delà de la simple modernisation d’une infrastructure. Elle s’inscrit dans une vision plus large pour l’avenir énergétique du DRC. Avec une capacité hydroélectrique estimée à 100 GW, le pays possède l’un des plus grands potentiels énergétiques renouvelables en Afrique. La modernisation de la sous-station d’Inga pourrait ainsi catalyser un développement économique durable, tout en répondant à la demande croissante d’électricité.
La Banque mondiale envisage également d’étendre davantage les centrales Inga, reconnaissant l’importance de cette infrastructure pour le développement régional. L’engagement de l’Allemagne à soutenir l’exploitation de ces ressources renouvelables souligne le rôle stratégique de la DRC en tant que partenaire de paix et de développement dans la région des Grands Lacs. En rendant l’approvisionnement en électricité plus fiable et plus efficace, ce projet pourrait transformer la vie quotidienne de millions de Congolais, tout en ouvrant la voie à une croissance économique durable et inclusive. Les yeux sont désormais rivés sur les prochaines étapes de cette initiative cruciale, alors que la DRC aspire à réaliser pleinement son potentiel énergétique.
kilalopress