En date du 12 juin 2024, les regards de la communauté internationale se sont tournés vers la Cour Militaire du Nord-Kivu, où deux défenseurs éminents de l’environnement, Mr KATEMBO MUGARUKA Rodrigue et Mr LUKOO BAHATI Emmanuel, se retrouvent dans le viseur de la justice, accusés de crimes graves, notamment des actes d’assassinat, de pillage, d’incendie et de vol à mains armées.
L’affaire a suscité un débat passionné, mettant en lumière les défis auxquels sont confrontés les protecteurs de l’environnement dans leur lutte quotidienne pour préserver les écosystèmes fragiles. Les Avocats Verts de l’ACEDH ont pris la défense de ces deux hommes, mettant en avant l’importance de garantir les droits des éco-gardes dans leur mission cruciale de conservation.
L’accusation repose principalement sur des allégations de vol à mains armées et de pillage, avec des réclamations selon lesquelles les deux défenseurs auraient dérobé des matériaux de construction, dont 750 sacs de ciment, plusieurs barres de fer et 800 tôles, stockés dans une maison située dans le Parc National des Virunga à Nzulo. Pour étayer ces accusations, des documents tels que le Certificat d’Enregistrement de la parcelle dans le parc et des factures ont été présentés.
Cependant, la défense a remis en question la véracité de ces documents, arguant qu’ils auraient été falsifiés dans le but de porter préjudice à leurs clients. Ils ont notamment souligné que le prétendu fournisseur des matériaux de construction est une entité fictive, remettant ainsi en question la crédibilité des preuves avancées par l’accusation.
Afin d’éclaircir cette affaire complexe, la Cour a ordonné deux actions cruciales pour la prochaine audience, prévue pour le mercredi 19 juin 2024 : la réquisition du Guichet Unique de Goma et des opérateurs de télécommunications Airtel et Orange pour vérifier l’existence de la société mentionnée sur les factures, ainsi qu’une descente sur le terrain au siège de cette prétendue société.
Cette décision souligne l’importance de mener une enquête approfondie et impartiale, garantissant ainsi que la vérité éclate au grand jour. L’avenir de ces deux défenseurs de l’environnement repose sur la capacité de la justice à démêler les faits de la fiction, et à reconnaître la valeur fondamentale de leur engagement en faveur de la préservation de notre précieux patrimoine naturel.
Rappelons que Dans ce contexte tendu, des soutiens se manifestent en faveur des écogardes. À travers un programme développé par l’Association Congolaise pour l’Écologie et les Droits de l’Homme (ACEDH) et ses partenaires dont, Global Climate Legal Défense (CLIDEF), qui ont un programme a l’appuis aux defenseurs climatique parmi les quels les deux éco-gardes, les cinq autres éco-gardes ci-haut cité et bien d’autres defenseurs climatique en RDC. Ensemble avec le cabinet Virunga, Ils apportent leur soutien à ces défenseurs du climat. Tous sont déterminés et mobilisés pour assurer une protection efficace des intérêts des défenseurs du climat et des défenseurs des terres. Ce programme de défense des défenseurs du climat est le cheval de bataille de l’ACEDH dans le cadre de ses collaborations, partenariats et réseaux de plaidoyer internationaux Environmental Law Alliance ( ELAW ), Défenseurs indigènes fonciers et environnementaux (ALLIED) et l’UICN Pays-Bas,contre la criminalisation et les procès iniques .
L’audience du 12 juin 2024 vient encore une fois de jeté une lumière crue sur les défis auxquels sont confrontés les éco-gardes dans l’exercice de leurs fonctions, soulignant l’urgence de garantir leurs droits et leur intégrité dans cette lutte cruciale pour la protection de notre planète. La quête de justice pour ces deux accusés est une affaire qui dépasse les frontières nationales, appelant à une réflexion profonde sur le rôle essentiel des défenseurs de l’environnement dans la sauvegarde de notre avenir commun.
Par la Rédaction