Kwilu : Conflit foncier à Mushi-Pentane , 42 000 Hectares en litige, la société CAP Congo dans la tourmente

Depuis quelques jours, une tension grandissante secoue le village de Mushi-Pentane, alors que la société CAP Congo, spécialisée dans les activités agropastorales, s’engage dans un bras de fer avec la population locale concernant l’exploitation de terres. Ce conflit, né d’un protocole d’accord signé l’année dernière entre CAP Congo et la province du Kwilu pour l’exploitation de 42 000 hectares de terres dans le secteur de Kwango-Kasaï, territoire de Bagata (Kwilu), a déjà suscité de vives réactions au sein de la communauté.

L’entreprise CAP Congo a entrepris des travaux pour l’ouverture de boulevards afin de démarrer ses activités, mais la population locale, principalement des fermiers, crie à la violation des limites territoriales, à la destruction de ses champs et rapporte plusieurs menaces proférées par les responsables de la société. Ces habitants accusent ouvertement CAP Congo de vouloir les déposséder de leurs terres, suscitant ainsi un climat de méfiance et de peur au sein de la communauté.

Les résidents de Mushi-Pentane expriment leur inquiétude en faisant référence à d’autres conflits fonciers récents, comme celui ayant eu lieu à Kwamouth suite au différend foncier Teke-Yaka. Ils appellent à une intervention urgente des autorités pour prévenir toute escalade potentielle de l’insécurité dans la région. Selon eux, l’entreprise cherche à s’approprier leurs terres, y compris leurs maisons, leurs champs, leurs cimetières et leurs fermes, sans aucun respect pour leurs droits et leur mode de vie. Jonathan NDAYWEL, l’un des élites de cette province, dénonce cette injustice en affirmant que le mépris des droits des communautés locales est inacceptable dans une société démocratique.

La situation actuelle à Mushi-Pentane met en lumière le non-respect flagrant des lois protégeant les droits des communautés locales. Tant la Constitution que la Loi foncière et le Code forestier insistent sur la nécessité de consulter et de protéger les intérêts des populations locales avant toute concession foncière. Cependant, l’entreprise CAP Congo semble avoir agi en toute impunité, ignorant ces dispositions légales fondamentales. L’article 56 de la Constitution stipule clairement que tout acte privant les personnes de leurs moyens de subsistance tirés des ressources naturelles est réputé spoliatif et annulable. De même, l’article 8 de la Loi foncière exige une enquête préalable pour garantir que la concession ne porte pas atteinte aux droits des tiers, tandis que l’article 9 souligne l’importance des consultations publiques avec les communautés locales.

Face à ces accusations, le responsable de CAP Congo, Monsieur Red, rejette catégoriquement toute responsabilité, affirmant que les allégations portées contre son entreprise sont infondées. Il assure également n’avoir proféré aucune menace à l’égard de la population locale et exprime sa volonté de collaborer avec tous pour le développement de la région.

Le conflit foncier à Mushi-Pentane soulève des questions cruciales concernant les droits fonciers des communautés locales et l’application des lois en vigueur. Il met en évidence les défis auxquels sont confrontées les populations rurales lorsqu’elles sont confrontées à des intérêts économiques et commerciaux. Cette situation appelle à une réflexion approfondie sur la manière dont le développement économique peut être concilié avec le respect des droits fondamentaux des communautés locales, ainsi qu’à une action immédiate des autorités pour résoudre ce conflit de manière équitable et juste.

Par Franck zongwe Lukama

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