Maï-Ndombe : Quatre nouvelles concessions forestières affichées

Le 5 janvier 2026, la province de Maï-Ndombe a marqué une nouvelle étape dans la gestion de ses forêts communautaires. La Coordination provinciale de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat a procédé à l’affichage officiel de quatre nouvelles demandes de concessions forestières communautaires, situées dans le territoire de Kiri, au sein des groupements de Welli et Bakonda, et dans les secteurs de Lutoyi et Beronge. Ces parcelles – Yembe-Yukongo, Bompombo, Ibali et Ipemangue – s’ajoutent aux concessions déjà attribuées aux communautés locales, s’inscrivant ainsi dans un processus de reconnaissance et de régulation en cours depuis plusieurs années.

Cette démarche administrative est encadrée par le décret n°14/18 du 2 août 2014, qui fixe les modalités d’attribution des concessions forestières aux communautés locales, et fait suite à une instruction du gouverneur de province, transmise par la lettre n°170 du 30 décembre 2025. Selon des sources de l’administration forestière provinciale, l’affichage n’est pas limité aux bureaux provinciaux : il sera également visible sur les sites mêmes où se trouvent les concessions communautaires concernées, afin d’assurer une information accessible aux populations locales et à toute partie prenante susceptible d’être concernée.

L’administration forestière a ouvert une période d’un mois destinée à recueillir réclamations, observations, contestations ou prétentions de la part de toute personne intéressée. Cette phase, technique en apparence, constitue en réalité un moment clé pour garantir la transparence, prévenir les conflits fonciers et clarifier les limites des concessions déjà attribuées et des nouvelles demandes.

À Maï-Ndombe, où la pression sur les ressources forestières reste forte en raison de l’exploitation artisanale, de l’agriculture itinérante et des attentes liées aux marchés du carbone, la reconnaissance des droits communautaires est un enjeu majeur. Les concessions forestières des communautés locales sont censées offrir un cadre légal pour l’exploitation durable, tout en préservant les ressources et les usages coutumiers des populations riveraines. Mais sur le terrain, estiment certains observateurs, leur gestion reste tributaire de l’accompagnement institutionnel et de la capacité des communautés à exercer leurs droits face aux pressions externes.

Pour le coordinateur provincial, Justé Ngwintikala, cité lors de la communication officielle, cet affichage constitue à la fois un devoir administratif et un signal fort adressé au public sur le respect des procédures légales. À travers ce processus continu, Maï-Ndombe cherche à consolider la gouvernance forestière communautaire, en intégrant progressivement les droits locaux, la conservation des écosystèmes et les exigences d’une gestion durable.

Le mois de consultation publique qui s’ouvre à compter de ce 5 janvier 2026 sera déterminant. Les observations recueillies, leur traitement et la transparence des décisions finales influenceront directement la crédibilité du mécanisme. Pour les communautés concernées, il ne s’agit pas seulement d’un affichage : c’est une fenêtre pour faire valoir leurs droits et participer activement à la protection et à l’usage durable de leurs forêts.

Par kilalopress

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