Bukavu : Éboulement meurtrier quatre enfants tués au quartier Nkafu

Quatre enfants ont perdu la vie dans un éboulement de terre survenu dans la nuit du 4 au 5 janvier 2026 sur l’avenue Majengo, au quartier Nkafu, en commune de Kadutu, à Bukavu, alors que de fortes pluies s’abattaient sur la ville. Selon la Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI), le drame est lié à l’instabilité des sols aggravée par la mauvaise gestion des déchets et l’occupation anarchique des zones à risque.

À Bukavu, la nuit du dimanche 4 au lundi 5 janvier 2026 s’est refermée dans le fracas sourd d’une colline qui cède. Sur l’avenue Majengo, au quartier Nkafu, en commune de Kadutu, un éboulement de terre a surpris quatre enfants dans leur sommeil, alors que des pluies soutenues s’abattaient sur la ville. Aucun cri d’alerte, aucun temps de fuite : la coulée a enseveli les habitations les plus exposées, laissant au matin un paysage de boue, de débris et de silence.

Selon la Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI), le drame ne s’est pas limité à ces pertes humaines. D’après les informations recueillies par cette structure citoyenne, plusieurs avenues de Bukavu ont enregistré des dégâts matériels, conséquence directe de sols fragilisés et de ravins saturés par les eaux de ruissellement. Une réalité désormais récurrente dans cette ville construite à flancs de collines, où la pression démographique s’est longtemps imposée sur la planification urbaine.

Pour la NDSCI, la catastrophe s’inscrit dans une chaîne de causes connues. « Le bilan est tellement alarmant à cause de la mauvaise gestion des déchets », déplore Alain Mutiki, rapporteur provincial de l’organisation. À Bukavu, estiment des observateurs locaux, les caniveaux obstrués par les immondices et les dépotoirs improvisés accélèrent l’instabilité des sols lors des fortes pluies, transformant les pentes en pièges mortels pour les riverains.

Face à cette répétition de drames, la NDSCI dit poursuivre ses interpellations auprès de la population et des autorités. Alain Mutiki rappelle que sa structure alerte régulièrement « face aux dangers de constructions anarchique, à la mauvaise gestion des déchets qui ne cessent d’endeuiller la population et endommager la beauté environnementale ». Un avertissement qui renvoie à des pratiques d’occupation du sol tolérées au fil des années, souvent par nécessité économique, mais rarement accompagnées de mesures de sécurisation.

Dans cette perspective, le rapporteur provincial plaide pour des décisions difficiles mais, selon lui, incontournables : « Prendre courageusement des mesures allant dans le sens de déménager les sites impropres à la construction, se rassurer de la bonne gestion des déchets par l’évacuation vers le site approprié seraient une option pour réduire sensiblement ces risques criminels dans nos communautés », conclut-il. Une lecture qui met en lumière l’écart persistant entre les politiques urbaines affichées et leur mise en œuvre effective sur le terrain.

Ce nouvel éboulement intervient alors que Bukavu n’a pas encore pansé les plaies d’un autre glissement de terrain survenu la semaine précédente à Panzi, en commune d’Ibanda, où des morts et d’importants dégâts matériels avaient déjà été signalés. À en croire certaines analyses, cette succession d’événements révèle moins une fatalité naturelle qu’une vulnérabilité urbaine aggravée par l’absence de prévention structurée face aux risques climatiques.

Dans une ville où les saisons de pluies semblent gagner en intensité et en imprévisibilité, la question de la prévention des catastrophes naturelles s’impose désormais comme un enjeu central de gouvernance locale. Renforcer la sensibilisation, repenser l’aménagement des quartiers exposés et organiser une gestion effective des déchets apparaissent, selon des acteurs du secteur, comme des leviers indispensables pour éviter que les collines de Bukavu ne continuent de s’effondrer, emportant avec elles des vies et des foyers.

Par kilalopress

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