Le gouvernement congolais autorise de nouveau certaines activités minières artisanales de cuivre et cobalt dans la province du Lualaba. Cette décision, annoncée le 5 janvier, fait suite au rapport de la Commission de contrôle de conformité et vise à réguler temporairement le secteur tout en sanctionnant les manquements constatés.
Après plus de quinze jours de paralysie dans le secteur minier du Lualaba, le gouvernement congolais a annoncé ce 5 janvier la levée partielle de la suspension des activités d’exploitation et de commercialisation du cuivre et du cobalt artisanaux. Cette décision intervient à la suite du rapport final de la Commission de contrôle de conformité, instituée par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, le 19 décembre dernier.
Selon le rapport remis par la commission, composée d’experts juridiques, techniques et spécialisés dans la traçabilité des minerais, l’ensemble des acteurs examinés a enfreint le Code et le Règlement minier. Le document a servi de base à la décision gouvernementale de rouvrir partiellement les activités, tout en imposant des sanctions ciblées et des mesures de régulation temporaires pour encadrer le secteur.
Le ministère des Mines précise que cette levée de suspension concerne exclusivement les entités de traitement établies dans la province du Lualaba. Pour les structures opérant au Haut-Katanga, seules les importations de minerais provenant de sites artisanaux déclarés légaux seront autorisées, et ce sous le strict contrôle des services provinciaux des mines et des coopératives locales. Chaque entité de traitement recevra dans les 72 heures une notification détaillant les mesures correctives à appliquer pour répondre aux manquements qui avaient motivé la suspension initiale. « Les notifications préciseront également le montant des différentes pénalités à acquitter par les entités, conformément aux dispositions de la Loi Minière en vigueur », indique le communiqué officiel.
La mesure n’épargne pas toutes les sociétés : Luilu Ressources reste sous le coup d’une convocation à Lubumbashi dans un délai de trois jours, sous peine de sanctions supplémentaires. D’après le ministère, « Luilu Resources, bien que s’étant présentée devant la Commission, n’a produit aucun document probant sur les volets techniques et de traçabilité ».
Le rappel du ministre Louis Watum à la discipline du secteur s’inscrit dans une démarche nationale plus large : la suspension des activités minières artisanales avait été initialement décidée pour enrayer les transactions illicites et l’occupation anarchique des périmètres miniers par des exploitants clandestins. Cette politique avait entraîné la fermeture temporaire des sites et des dépôts de stockage, provoquant de vives réactions locales.
Des creuseurs artisanaux, dont beaucoup dépendent exclusivement de l’exploitation minière pour leur subsistance, ont exprimé leur mécontentement par des manifestations répétées dans le centre-ville de Kolwezi, perturbant les activités socio-économiques de cette capitale du cobalt. À en croire des observateurs, cette reprise partielle vise à rétablir un équilibre entre régulation stricte et maintien des moyens de vie pour les populations locales, tout en limitant les risques d’illégalité et d’exploitation anarchique.
Par kilalopress