L’ouverture des états généraux des forêts de la République Démocratique du Congo (RDC) a suscité l’attention des acteurs nationaux et internationaux concernés par la préservation de l’environnement. Cet événement d’envergure, qui a réuni une diversité de parties prenantes, soulève des questions cruciales quant à son efficacité à résoudre les défis environnementaux majeurs auxquels est confronté le secteur forestier congolais. Derrière l’apparente collaboration et l’engagement envers la préservation des forêts se cachent des réalités alarmantes qui pourraient compromettre davantage la situation environnementale déjà précaire en RDC.
Plusieurs organisations de la société civile, dont celles faisant partie du Groupe de Travail Climat REDD Rénové (GTCRR), appellent même au boycott de ces assises. Dans une interview exclusive accordée le vendredi 19 janvier 2024, Guy Kajemba, coordonnateur National du groupe de travail climat REDD+ Rénové, a exprimé plusieurs préoccupations majeures concernant les états généraux des forêts du Bassin du Congo. Ses commentaires mettent en lumière les raisons sous-jacentes qui motivent l’appel au boycott de ces assises et soulignent les lacunes dans la préparation et l’organisation de l’événement.
Mauvaise gestion des fonds publics

M. Kajemba dénonce la mauvaise gestion des fonds publics qu’il estime être associée à l’organisation de ces assises. Selon lui, ces événements inopportuns risquent de dilapider l’argent de l’État, d’autant plus qu’ils ne pourront pas montrer les résultats attendus sur le terrain en raison de l’instabilité actuelle des institutions.
Manque d’actualisation et de préparation adéquate
Il souligne également que la RDC est actuellement considérée comme un pays crucial pour l’équilibre climatique en raison de ses vastes forêts, et que des travaux tels que les états généraux des forêts constituent un chantier qui mérite une élaboration et une actualisation minutieuses, loin de toute précipitation. Il met en avant le fait que le code forestier en vigueur a plus de 18 ans et est de ce fait dépassé par rapport aux stratégies actuelles. Il estime que de nombreux outils doivent être mis à jour avant la tenue de ces assises afin de s’assurer que les participants disposent des informations nécessaires pour aborder la question de la gouvernance forestière de manière adéquate.

Nécessité de tenir compte des préalables
En outre, M. Kajemba souligne l’importance de faire le point sur l’état des réglementations et des outils liés à l’exploitation forestière, aux concessions et à la conservation avant la tenue de ces assises. Il insiste sur le fait qu’il est crucial de s’assurer que les matériaux nécessaires sont en place pour aborder efficacement les défis de la gouvernance forestière.
Impact potentiel sur les enjeux environnementaux
Salut Les préoccupations soulevées par M. Kajemba reflètent la nécessité de prendre en considération ces préalables et de garantir une préparation adéquate pour que les états généraux des forêts du Bassin du Congo puissent véritablement constituer une opportunité cruciale pour aborder les enjeux environnementaux majeurs.
Alors que les états généraux des forêts du Bassin du Congo devraient constituer une opportunité cruciale pour aborder les enjeux environnementaux majeurs, il est impératif de reconnaître les défis actuels et de répondre aux préoccupations légitimes soulevées par les acteurs de la société civile. Sans une réelle volonté de surmonter les obstacles et de garantir des assises transparentes et efficaces, ces événements risquent de rester des exercices superficiels qui échouent à répondre aux besoins urgents de préservation des forêts congolaises.
La rédaction.