Addis-Abeba, 31 juillet 2025 — KilaloPress a participé à la conférence de presse virtuelle conjointe de la Commission de l’Union africaine (CUA) et du gouvernement éthiopien, tenue en amont du Deuxième Sommet africain sur le climat (ACS 2), prévu du 8 au 10 septembre 2025 à Addis-Abeba.
Ce sommet de haut niveau, placé sous le thème « Accélérer les solutions climatiques mondiales et le financement pour un développement résilient et vert de l’Afrique », s’annonce comme une étape charnière dans la lutte du continent contre le changement climatique. Il ambitionne de transformer les engagements du Sommet inaugural de Nairobi en 2023 en actions concrètes, portées par une vision panafricaine.
En ouverture, le Commissaire de l’Union africaine, M. Moses Vilakati, a rappelé l’injustice climatique à laquelle l’Afrique est confrontée : « Notre continent est celui qui pollue le moins, mais qui paie le prix le plus fort. » Il a salué la coopération de l’Éthiopie dans l’organisation de cette rencontre majeure et souligné la nécessité de passer du dialogue à l’action. Malgré des besoins estimés à 3 000 milliards de dollars d’ici 2030, l’Afrique n’a reçu que 30 milliards entre 2021 et 2022 en financement climatique. Pour M. Vilakati, « combler ce déficit n’est pas un choix, c’est une nécessité existentielle ».
L’Éthiopie, hôte du sommet, a présenté ses avancées remarquables en matière de résilience climatique. Le ministre d’État Seyoum Mekonnen a mis en avant des projets emblématiques comme l’initiative Green Legacy, qui a permis de planter plus de 40 milliards d’arbres en six ans, faisant passer la couverture forestière nationale de 17,2 % à 23,6 %. Le pays s’est aussi imposé comme un leader régional en matière d’énergies renouvelables, d’e-mobilité et d’agriculture climatique.
Mais l’ACS 2 ne se limite pas à des annonces nationales. Il est conçu comme une plateforme panafricaine pour promouvoir les solutions climatiques locales et éprouvées, souvent portées par les communautés, les femmes et les jeunes. M. Abbas Mohammed, coprésident du comité de contenu du sommet, a insisté sur l’intégration des voix locales : « Ces solutions ne sont pas théoriques. Elles existent, elles fonctionnent, et elles méritent un financement à la hauteur. »
Le sommet accueillera plus de 45 chefs d’État et de gouvernement, des leaders de la société civile, du secteur privé, des institutions financières et des jeunes innovateurs. Plus de 300 événements parallèles sont déjà enregistrés, démontrant l’ampleur de la mobilisation. Une campagne de plantation d’arbres viendra symboliser l’engagement collectif.
Un accent particulier est mis sur la réforme du système financier mondial. L’objectif est d’obtenir des financements climatiques plus équitables, axés sur les subventions et les prêts concessionnels, et non sur l’endettement supplémentaire. Le message de l’Afrique est clair : financer l’adaptation au climat ne doit pas aggraver la dette des pays vulnérables. Le sommet appelle aussi à une mobilisation médiatique. « L’Afrique n’est pas qu’une victime. Elle est une source de solutions. Racontez cette histoire, et racontez-la bien », a lancé M. Mekonnen aux journalistes. Un centre média dédié sera ouvert à Addis-Abeba, offrant un accès direct aux décideurs et aux initiatives locales.
Dans ce contexte, la République démocratique du Congo (RDC) est appelée à jouer un rôle stratégique. Avec le Bassin du Congo, deuxième forêt tropicale du monde, la RDC détient un levier majeur pour l’atténuation du changement climatique. Ce sommet est une opportunité pour elle – et pour toute l’Afrique centrale – de faire valoir ses priorités, ses succès, mais aussi ses besoins urgents en matière de financement, de technologie et de renforcement des capacités. Le Sommet africain sur le climat 2025 veut faire date : non seulement comme un événement diplomatique, mais comme le moment où l’Afrique aura affirmé sa voix, ses solutions et sa souveraineté climatique.
Par kilalopress