Plus de 90 pays ont soutenu à Belém l’idée de stopper et inverser la déforestation d’ici 2030, mais sans l’inscrire dans le texte final. Un renoncement qui alarme les habitants du bassin du Congo interrogés par Kilalopress : l’Amazonie était sous les projecteurs, mais qui protège réellement la deuxième plus grande forêt tropicale du monde ?
L’absence de consensus à Belém a été vécue comme un affront par les communautés forestières congolaises. Les experts et négociateurs sont revenues mains vides. La RDC porte 60 % de la forêt du bassin du Congo, qui disparaît pourtant à un rythme de 500 000 hectares/an. Les habitants décrivent une pression constante : déboisement pour l’agriculture, charbonnage massif autour de Kinshasa, exploitation illégale encouragée par la faiblesse des contrôles.
L’inaction internationale renforce une dynamique dangereuse : pourquoi ralentir la déforestation si le monde lui-même refuse de s’engager ? À Mbandaka, des coupeurs de bois parlent déjà d’une « course au charbon » liée à la flambée des prix du gaz.
Les mécanismes financiers comme REDD+, mal financés, n’ont pas permis d’inverser la tendance. Quant au nouveau fonds « Tropical Forest Forever », il reste flou.
Sans soutien clair, le bassin du Congo, dernier poumon intact de la planète, demeure à la merci des intérêts économiques à court terme. « Si le monde abandonne la forêt, c’est notre climat, notre eau et notre sécurité alimentaire qui disparaîtront », avertissent les habitants.
Par kilalopress