Kisangani : 69 morts et des milliers de vies brisées à cause de l’avidité de CAP Congo !

Kisangani, 6 décembre 2024 – Depuis mai 2023, les victimes du conflit Mbole-Lengola à Kisangani, en République Démocratique du Congo, subissent les conséquences dramatiques d’un scandale foncier alimenté par la cupidité d’une entreprise étrangère : CAP Congo. Derrière cette tragédie humaine se cache un business juteux où des vies humaines sont sacrifiées sur l’autel du profit.

Cela fait plus de deux ans que le site de Konga-Konga, dans la commune de Kisangani, accueille des milliers de déplacés, fuyant les violences intercommunautaires entre les Mbole et les Lengola. Mais que voient ces familles qui avaient déjà tout perdu ? Une promesse de réconfort, une aide humanitaire qui peine à se concrétiser, et surtout des conditions de vie catastrophiques. Les récents chiffres sont accablants : 69 morts en à peine six mois ! Comment expliquer un tel bilan dans un camp qui est censé être un refuge temporaire ?

Derrière ces chiffres tragiques se cache la réalité : des malades laissés pour compte, des enfants dénutris, des femmes enceintes qui périssent faute de soins, des blessés ignorés dans la plus grande indifférence. Des maladies gynécologiques, cardiaques, et des infections dues à la promiscuité continuent de faucher des vies, tandis que les autorités locales, plus préoccupées par leur image que par l’urgence de la situation, regardent ailleurs. Le camp de Konga-Konga est saturé, le bourgmestre ne cache même plus sa lassitude : « Il n’y a plus de guerre, on n’enregistre plus de cas », déclare-t-il cyniquement, comme si les souffrances de ces populations pouvaient se résoudre d’un simple revers de la main.

Mais peut-on réellement clore un dossier humain aussi lourd en un simple coup de tampon ? Peut-on ignorer les plaintes des déplacés ? La réponse est plus qu’évidente : il est plus facile d’ignorer la douleur de ces victimes que d’affronter la réalité de l’implication d’une entreprise qui s’enrichit sur leur dos.

L’origine du conflit, comme souvent, réside dans l’avidité des puissants. Tout a commencé avec l’appétit insatiable de CAP Congo, une société libanaise, qui a acquis des terres agricoles au détriment des droits des communautés Mbole et Lengola. Ce conflit foncier a déclenché une spirale de violences, déplaçant des milliers de personnes et plongeant cette partie de la province dans le chaos. Aujourd’hui, des milliers d’innocents parmis les quelles les femmes et les enfants subissent les conséquences directes de ce rapt foncier. Mais qui se soucie vraiment des laissés-pour-compte ? Qui s’inquiète des familles brisées a cause de leurs terres et par ce mépris des droits humains ?

Les autorités provinciales, dans une inertie totale, continuent de détourner le regard. Et pendant ce temps, CAP Congo reigne en maitre sur les terres des fils et filles du congo, à l’abri de tout contrôle, sans la moindre inquiétude concernant la souffrance qu’elle a causée. Si la justice devait être rendue, serait-ce à l’entreprise ou à ceux qui, à chaque étape, ont permis que ce projet dévastateur prenne vie ? Dans un pays où les réconciliations restent un mirage, où les victimes sont laissées sans voix, et où les entreprises responsables semblent intouchables, il est légitime de se demander si la situation à Kisangani est destinée à s’améliorer. Les promesses de réconciliation entre les communautés Mbole et Lengola, qui auraient dû être entreprises dès les premières violences, sont encore à l’ordre du jour, mais jamais réalisées. Des « assises » de réconciliation sont évoquées par la société civile, mais ces solutions semblent être qu’un paravent pour cacher l’inaction des autorités.

Certains analystes pensent que les autorités provinciales, préfèraient s’asseoir autour de tables rondes théoriques, tandis que les déplacés continuent de mourir dans des camps surpeuplés. Quel cynisme, quelle déconnexion avec la réalité ! Il est plus que temps que les citoyens de la RDC, les ONG, et tous ceux qui se battent pour la dignité humaine, fassent entendre leur voix. Cette tragédie des habitants de Kisangani est une honte nationale et internationale. Chaque jour qui passe sans que des mesures immédiates et concrètes soient prises aggrave le mal et nous plonge un peu plus dans l’impunité et le néant. Pour ces milliers de déplacés qui ont tout perdu leurs terres, pour ces 69 morts, et pour toutes les victimes oubliées de ce conflit, il est plus que temps que la communauté internationale se réveille et rendent justice à ceux qui ont été sacrifiés sur l’autel de l’exploitation et de la violence.

Par kilalopress

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